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La croissance au rendez-vous

Solène Davesne

Publié le

La croissance au rendez-vous
Emmanuel Macron débutera son mandat présidentiel en profitant d’une embellie conjoncturelle de la France.

François Hollande a dû attendre les derniers mois de son quinquennat pour voir la conjoncture « aller mieux ». Son successeur devrait avoir plus de chance. Emmanuel Macron s’installe à l’Élysée alors que l’économie s’améliore. L’embellie se confirme dans les chiffres de la croissance. En 2012, elle avait plafonné à 0,2 %. La Banque de France assure que l’activité va s’accélérer dans les prochains mois et table sur une progression de 1,3 % du PIB en 2017, après 1,1 % en 2016. La Commission européenne se montre encore plus optimiste, en prévoyant 1,4 %. « La dynamique n’est plus du tout la même qu’en mai?2012 », relève Éric Heyer, économiste à l’OFCE. Tous les voyants sont repassés au vert.

Pratiquement tous les secteurs industriels en profitent. « Dans la manutention, celui qui ne fait pas une croissance de 25 % ces temps-ci doit revoir sa stratégie. Les fabricants de matériels pour la construction vont mieux. Les sous-traitants de l’automobile et de l’aéronautique également », énumère Renaud Buronfosse, le chef économiste de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Après plusieurs mois poussifs, la production manufacturière a rebondi de 2,5 % en mars. Signe de ce vent d’optimisme : le moral des industriels a atteint son plus haut niveau en six ans.

Le bon moment pour lancer des réformes

La croissance est enfin tirée par ses moteurs internes. « On peut parler de reprise durable, car les entreprises recommencent à embaucher et à investir », souligne Axelle Lacan, économiste chez Coe-Rexecode. PSA a ainsi annoncé le recrutement de 1 000 intérimaires avant l’été dans son usine de Sochaux (Doubs). En 2016, l’économie française a déjà recréé 187 000 emplois, du jamais-vu depuis 2007. À en croire l’étude « Besoins en main-d’œuvre » de Pôle emploi, la dynamique devrait se maintenir cette année. Les entreprises françaises prévoient 1,98?million de recrutements cette année (+ 8 % par rapport à 2016), un chiffre record.

Quant à l’investissement des entreprises, il a progressé de 1,3 % sur le premier trimestre. Malgré la fin du dispositif de suramortissement fiscal des investissements productifs, le 14?avril, les industriels n’anticipent pas de coup d’arrêt de leurs dépenses en biens d’équipement dans les prochains mois, comme en 2016. « Les critères avaient été assouplis pour bénéficier à des équipements qui ne sont pas encore livrés. Les carnets de commandes des fabricants sont bien garnis », souligne Renaud Buronfosse. Les investissements ont aussi changé de nature. Les industriels ne modernisent plus seulement un parc de machines vieillissant. « Ils recommencent à investir pour augmenter leurs capacités de production, ce qui est nouveau », souligne Éric Heyer. Le chimiste Arkema a investi 57?millions d’euros pour doubler la capacité de production de son usine de Honfleur (Seine-Martitime). Dans le Tarn, le sous-traitant aéronautique Freyssinet Aero Equipment a doublé la taille de son usine, pour suivre la montée en cadence de la production du moteur Leap.

Les entreprises se trouvent dans une situation plus confortable qu’en 2012. La politique de soutien à leur égard menée par François Hollande et l’exceptionnel « alignement des planètes » – baisse des prix du pétrole, taux d’intérêt bas, dépréciation de l’euro par rapport au dollar – ont permis de redresser les marges dans l’industrie de façon spectaculaire. Tout semble réuni pour que les freins se desserrent. D’autant que la conjoncture s’est éclaircie au niveau européen. « La chance d’Emmanuel Macron est d’arriver au début d’un cycle de reprise synchronisé et pérenne dans toute la zone euro. C’est le bon moment pour lancer des réformes », souligne Isabelle Job-Bazille, la chef économiste du Crédit agricole.

difficultés structurelles

Les fragilités de l’économie française ne sont cependant pas toutes levées. La reprise reste poussive. « Pour investir, les entreprises ont besoin de marges, mais aussi de demande. Or sur un an, les dépenses des ménages en biens manufacturés reculent de 1 % », pointe Éric Heyer. La remontée de l’inflation pèse sur le pouvoir d’achat. Et l’embellie du marché du travail est trop limitée pour relancer la machine. « Les deux tiers des créations d’emploi concernent les services administratifs, dont la sécurité, et la restauration, où les salaires sont en moyenne plus faibles que dans les autres secteurs », indique Axelle Lacan.

Les difficultés structurelles continuent à peser. À 9,6 %, le taux de chômage est toujours à son niveau d’avril 2012. Malgré le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice), les problèmes de compétitivité demeurent. Le commerce extérieur reste le talon d’Achille de la France. Au premier trimestre, le déficit commercial s’est creusé de 19,8?milliards d’euros. Une contre-performance qui a fait perdre 0,7 point de croissance au premier trimestre. Les entreprises françaises n’ont pas regagné leurs parts de marché. Axelle Lacan se veut optimiste : « En 1982, la politique de redressement des marges avait pu se lire dans les chiffres du commerce extérieur de 1987 seulement. Nous ne sommes qu’au milieu du gué. »

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