Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'instantanéiste

Publié le

L'instantanéiste
Christine Kerdellant, directrice de la rédaction

La rentrée politique a eu lieu avant la rentrée sociale et économique. Les candidats à la présidentielle occupent le terrain médiatique depuis la mi-août. L’actuel Président ne fait pas exception à la règle. Il orchestre savamment la succession d’annonces destinées à faire oublier le « junius horribilis » vécu avant l’été, avec son cortège de grèves, de manifs, d’inondations… et la défaite à l’Euro.

Une politique de petits gestes court-termistes. Les entreprises sont gâtées. Celles qui réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 7,63 millions d’euros étaient imposées à 15 % sur les 38 120 premiers euros de bénéfice et à 33,3 % au-delà. Ce dernier taux va être porté à 28 %. Une demi-mesure complexe dans sa formulation… Ce qui rappelle le Cice, qui a tardé à porter ses fruits tant les entreprises le voyaient comme une « usine à gaz ». Une baisse de charges générale et sans conditions aurait sans doute été trop simple ! Toutes les mesures ciblées que décide François Hollande relèvent de l’« arbitrage » et de la recherche obsessionnelle du consensus, ce qui nuit à leur lisibilité, donc à leur efficacité. Le ciblage devient saupoudrage électoraliste. Comme tous ses prédécesseurs après de Gaulle, le Président français mène une politique qui ne vise que sa réélection, laquelle l’obsède depuis le début de son quinquennat, comme le montre « Conversations privées avec le président », d’Antonin André et Karim Rissouli, l’un des livres politiques de la rentrée.

Des cris de victoire quand la conjoncture est juste moins mauvaise. Le « ça va mieux » martelé par François Hollande n’est certes pas faux. Même si le deuxième trimestre a été décevant, la France va moins mal en 2015-2016 qu’en 2012-2014, des années d’amateurisme économique : le choc fiscal sur les particuliers et les entreprises avait stoppé net la croissance et les mesures pénalisant le marché du logement et l’emploi à domicile avaient accentué le chômage qui en résultait. Aujourd’hui, la baisse des taux, de l’euro et du pétrole a redonné au pays une bouffée d’oxygène, mais le gouvernement n’y est pas pour grand-chose. Certes, le Cice et le pacte de responsabilité ont produit, en parallèle, leur effet, mais qui a pesé moins lourd que cet alignement de planètes.

L’utilisation d’une cagnotte qui n’existe pas. Rien n’est plus affolant que d’entendre des politiques dire qu’ils ont retrouvé des marges de manœuvre alors que la France va afficher, en valeur, le déficit le plus lourd d’Europe ! Nous ne respectons toujours pas nos engagements vis-à-vis de Bruxelles. Le plafond de 3 % de déficit public sera allègrement dépassé. Pire, lorsqu’on prévoit un trou de 72 milliards d’euros lors de l’élaboration du budget et qu’on s’aperçoit, en cours d’année, qu’on parviendra peut-être à le limiter à 70 milliards grâce à des rentrées fiscales meilleures que prévu, on s’empresse de distribuer les 2 milliards gagnés comme s’il s’agissait d’une cagnotte ! Et comme on les dépense plusieurs fois, on alourdit, au final, le déficit prévu, donc la dette du pays… On se donne bonne conscience parce que les taux d’intérêts sont nuls, or il faudra quand même rembourser le capital ! Les générations futures maudiront ces instantanéistes que sont nos hommes politiques. Mais qui se soucie de nos enfants et petits-enfants quand il y a une présidentielle en 2017 ? 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus