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"Je suis contre la financiarisation de l’économie et l’ultralibéralisme", revendique Pierre Gattaz

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Alors que le climat social est des plus agité, le Medef veut ouvrir la campagne présidentielle 2017 avec un récit positif pour la France. Il lance le débat avec un livre "Le monde change. Et la France ?" autour de sept défis qui sont autant d’opportunités pour le pays s'il sait les saisir. Estimant qu’aucune réforme ne se fera sans une vision collective optimiste, il attaque aussi sur le terrain des valeurs pour montrer que les chefs d’entreprises ne sont pas cette caricature d’"assoiffeurs". Problème : dans le contexte, il est relativement inaudible. 

Je suis contre la financiarisation de l’économie et l’ultralibéralisme, revendique Pierre Gattaz © L'Usine Nouvelle

"La France peut devenir la Silicon Valley de l’Europe", s’enflamme Pierre Gattaz. Relativement inaudible dans le climat social actuel, intransigeant dans la négociation chômage, excessif par ses propos sur la CGT, si on peut reprocher beaucoup de choses au président du Medef, on ne lui retirera pas sa ténacité et son optimisme.

Pour apporter sa pierre à la campagne présidentielle, l’organisation patronale n’a pas attaqué avec un programme dur de réformes, mais veut vendre aux Français un rêve. La possibilité de relever sept défis qui sont autant d’opportunités de prospérités économique et sociale pour le pays.

Les défis en question ? La mondialisation, l’Europe, le numérique, l’innovation, le climat, l’entreprenariat et l’épanouissement au travail. Rien de bien nouveau dans ce livre que publie l’organisation patronale sous le titre "Le monde change, et la France ?", mais il présente une multitude d’infographies et de contributions extérieures (Moussa Camara d’Agir pour réussir, Augustin Paluel-Marmont co-fondateur de Michel et Augustin, Isaac Getz, le spécialiste du management des entreprises libérées) pour montrer que rien n’est perdu pour le pays.

"Le monde nous attend"

En ce sens, il a compris que l’acceptation des réformes qu’il appelle de ses vœux passe par une perspective collective. "La France a des atouts reconnus. En Asie, en Afrique, les gens me disent vous n’êtes plus là, vous avez déserté. Le monde nous attend !", témoigne le président du Medef.

Et comme il sait que cette mondialisation heureuse soulève un certain nombre de réticences chez ses concitoyens, le président de l’organisation patronale tient à montrer qu’il partage certaines valeurs. Mardi 21 juin au Medef, à la veille d’une grande session de brainstorming au Conseil économique, social et environnemental (CESE), Pierre Gattaz a lancé : "Moi, je suis contre la financiarisation de l’économie et l’ultralibéralisme. Nous voulons travailler à une économie humaine."

Un petit accent "mon ennemi, c’est la finance" qui rappellera quelques souvenirs. Ragaillardie par un sondage paru dans la Croix qui montre que les français attendent d'abord des solutions venant de la société civile, puis des entreprises, l’organisation patronale estime que ses adhérents sont parfaitement légitimes à proposer une vision et des idées. Le problème c’est que dans cette même étude, les partis politiques et les syndicats sont eux en revanche largement démonétisés.

VISION COLLECTIVE ? 

Pour incarner les entreprises, il aurait sans doute été plus efficace de réunir sur une même plate-forme d’autres organisations patronales et des syndicats de salariés. En 2011, Medef, CGPME, UPA et trois syndicats de salariés, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC parviennent à un établir un "diagnostic commun sur la compétitivité" qui n’est sans doute pas pour rien dans le relatif consensus qui s’est établi par la suite sur le rapport Gallois et les mesures prises dans la foulée par le gouvernement.

Aujourd’hui, cette démarche n’a pas été possible. Mais, un groupe de travail patronat syndicat travaille toujours sur deux dossiers qu’il espère faire aboutir : l’un sur le partage de la valeur ajoutée, l’autre sur les enjeux du numérique dans l’entreprise. Alors que les manifestations de certains syndicats du jeudi 24 juin sur la loi Travail viennent d’être interdites, la grande vision collective s’avère compliquée.

A l’été, le Medef distribuera un jeu des sept familles sur les sept défis en questions. De quoi s’occuper en s’instruisant sur les routes de l’été ou sur les piquets de grève ? Il reste 11 mois jusqu'à la présidentielle. 

 

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