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Énergie, que fait l’Europe ?

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Énergie, que fait l’Europe ?

Il est des aberrations qui hérissent. L’Allemagne nous pollue avec son charbon depuis qu’elle a abandonné le nucléaire. Les émanations de CO2 ne s’arrêtent pas aux frontières, et elle est responsable de 2 500 décès à l’étranger, chaque année, selon un rapport de Climate Action Network Europe. Depuis que le prix du pétrole a baissé, des centrales à cycle combiné gaz, flambant neuves, sont à l’arrêt, en France et ailleurs. La mise en place de sources d’énergie décentralisées nécessite de multiplier par huit la puissance installée, vu les rendements actuels du stockage high-tech, mais personne ne s’en effraie. Trois exemples qui montrent qu’aveuglés par la « troisième révolution industrielle », nous oublions d’optimiser les systèmes existants qui permettraient pourtant de polluer moins pendant la phase transitoire.

Oui, Jeremy Rifkin a raison, nous devons nous engager avec vigueur dans la transition énergétique et oui, l’avenir est bien aux énergies renouvelables, aux bâtiments intelligents et aux véhicules hybrides. Il n’empêche. Tous focalisés vers le « où nous allons », nous négligeons le « où nous sommes » et le temps nécessaire à la montée en puissance des nouvelles technologies.

L’Europe et la France doivent revisiter la vision prospective de 2030 en réintégrant leurs problématiques d’aujourd’hui : l’Allemagne avec 46 % de charbon dans son mix énergétique et la France avec 75 % de nucléaire. « Le scénario 20-20-20* est inspiré des thèses de Rifkin, mais personne ne l’a étudié sous l’angle de l’ingénieur. Or l’innovation durable résultera de l’ingénierie des systèmes conjuguant la résilience de solutions simples avec l’utilisation à bon escient des technologies de pointe », explique Corine Dubruel, la présidente de CentraleSupélec Énergie. Ce que prône Rifkin n’est que partiellement applicable en Europe. Ses thèses « sexy » fascinent nos énarques, de François Hollande à Ségolène Royal. Mais il est impossible de passer en vingt ans de 75 % de nucléaire à 75 % d’énergies nouvelles et décentralisées.

« Est-il raisonnable d’avoir démantelé les cogénérations industrielles en France ? interrogeait Corine Dubruel au forum Enerpresse de Deauville, le 24?juin. Idem pour la demi-douzaine de centrales à gaz à très haute efficacité énergétique neuves et à l’arrêt depuis six ans. » Il suffirait d’une incitation de quelques euros par mégawattheure pour les relancer.

En France, modèle plutôt vertueux avec son nucléaire dominant, les énergies décentralisées ne produiront pas, à court terme, beaucoup d’économies. En revanche, on gagnerait à se focaliser sur les bâtiments intelligents et la mobilité innovante non polluante.

L’Allemagne, elle, a abandonné le nucléaire et le combiné gaz pour le solaire photovoltaïque et l’éolien. Sauf qu’à court terme, c’est le charbon qui domine, avec ses dommages collatéraux.

Nous achetons des équipements neufs sans faire l’inventaire de ce que nous pourrions mieux utiliser. Et le plus souvent, seuls les scénarios électriques sont pris en compte. Tout se passe comme si l’on se moquait de la pollution actuelle au nom du monde idyllique et dépollué que l’on prépare. Le concours d’hypocrisie bat son plein. 

* Le paquet climat-énergie a pour objectif de faire passer à 20 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen, de réduire les émissions de CO2 des pays de l’Union de 20 % et d’accroître l’efficacité énergétique de 20 % d’ici à 2020.

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