Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

[Edito vidéo] Les miracles de l'agriculture connectée

Christine Kerdellant

Publié le

Il n’y a pas que l’amour dans le pré ! Le numérique aussi. Il transforme déjà l’agriculture. J’ai rencontré, au Forum agroalimentaire 4.0, un exploitant féru d’intelligence artificielle et de big data, qui vend à la grande distribution des carottes et des poireaux connectés, produits par des tracteurs autonomes (ou, réglementation oblige, dotés de chauffeurs passifs !) et exempts de tout produit chimique à la vente. François Letierce a aussi fondé Agri-Esprit pour commercialiser ce logiciel qui utilise « l’expérience du passé pour écrire le présent avec les technologies du futur ».

1-Produire plus avec moins d’intrants

Les 20 000 hectares de l’exploitation de François Letierce sont suivis avec des GPS précis au centimètre. Jamais un rang de carottes ne peut être trop arrosé, ou pas assez, ni recevoir deux fois un produit phytosanitaire sous prétexte que le tracteur interrompu hier par la pluie a redémarré sur une zone déjà traitée. Il y a des capteurs et du Wi-Fi partout ! Dans le sol, des sondes mesurent la température et l’humidité sur quatre niveaux ; des bornes de correction de pilotage guident le tracteur au centimètre près ; des drones font des analyses aériennes des images du sol ; la météo fournit toutes les 10?minutes des prévisions très fines. Ensuite le big data (l’historique de toutes ces données enregistrées depuis des années) fait son œuvre : s’il y a eu un pic de froid en mai, le logiciel saura, en octobre, déclencher un traitement pour éviter que les carottes développent la maladie qui les a affectées en 2007 dans les mêmes conditions, à l’ère prénumérique… Résultat, des gains pour la planète (15 à 20 % d’eau, car on arrose exactement la parcelle qui en a besoin au moment où elle en a besoin), pour l’exploitant (notamment dans la gestion des hommes et du matériel) et pour le consommateur (sécurité alimentaire optimale).

2-Gagner 2?euros la tonne sur la supply chain

InVivo, le premier groupe coopératif agricole français, va lui aussi développer 1 000 fermes numériques d’ici à 2020. Mais son directeur général Thierry Blandinières veut aller plus loin : combler le retard de la France en matière de suivi des flux physiques. Au moment de remplir un bateau, les opérateurs n’appellent que les céréales entreposées dans le silo portuaire : le numérique pourrait leur permettre de faire venir d’autres marchandises au bon moment, car ils sauraient en temps réel où se trouvent les stocks disponibles. Pour 20?millions de tonnes annuelles exportées, et une économie de 2?euros la tonne, l’enjeu est de taille ! Ici, comme pour la mise en bouteille du vin, la création de plates-formes va obliger tous les acteurs à se mettre (enfin) autour de la même table.

3-Donner l’envie d’être un agriculteur… 4.0

Si les agriculteurs désertent les exploitations, c’est parce qu’ils exercent un métier de chien. Le numérique change tout, en leur apportant du confort. Il permet(tra) la surveillance à distance des parcelles (via un smartphone), la prévisibilité des revenus, la robotisation des tâches pénibles… De quoi donner aux « internet natives » l’envie de reprendre une ferme. Il n’y aura plus besoin de la télé pour trouver l’amour dans le pré. 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus