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[Edito vidéo] Le retour des années trente

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[Edito vidéo] Le retour des années trente © DR

Les États-Unis aujourd’hui, c’est l’Allemagne des années trente » : ce jugement ahurissant émane d’un patron de société cotée, Grégoire Sentilhes, président de la société d’investissement Nexstage,s’exprimant sur BFM Business à une heure de grande écoute. Il a quitté les États-Unis le jour où ses enfants sont revenus de l’école en récitant des slogans patriotes. Et le mélange de populisme, de protectionnisme et de racisme qu’il voit monter dans la société américaine (le « backlash » contre les Afro-Américains pourrait être violent après le départ d’Obama), à l’en croire, lui rappelle l’Allemagne sous Hitler…

Mais il n’est guère besoin d’invoquer la période sombre de l’Allemagne pour afficher de vraies craintes. « L’histoire des années 1920-1930 nous a montré comment l’isolationnisme et le protectionnisme nous ont conduits à la guerre », explique Nouriel Roubini, ce grand professeur d’économie new-yorkais qui avait annoncé en 2005 la crise des subprimes. Et l’ex-Cassandre devenu grand sage d’ajouter : « S’il cède à cette tentation, Donald Trump va ruiner soixante-dix ans de prospérité et de paix mondiale. » La « Pax Americana », c’était à la fois un développement du commerce mondial, une grande mobilité du capital, des politiques sociales complémentaires et la sécurité en Europe avec l’Otan. Tout cela est remis en cause dès lors que Trump veut balayer les grands traités commerciaux, élever les droits de douane, bâtir un mur à la frontière mexicaine et se désengager de l’Otan. Les États-Unis, après la crise financière de 1929, ont appliqué des mesures protectionnistes qui ont mis fin à la première mondialisation. La loi Hawley-Smoot a augmenté les droits de douane de plus de 20 000 produits importés, déclenchant des mesures de rétorsion dans le monde entier, et l’effondrement des échanges a conduit à cette Grande Dépression mondialisée.

« Trump risque de provoquer la prochaine crise financière », alerte l’ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, Larry Summers. Lui s’en est pris à la volonté du président élu de déréglementer la finance pour relancer l’économie : le magnat de l’immobilier voudrait en finir avec la loi Dodd-Frank qui a permis de limiter (quelque peu) les risques pris par les banques. Summers s’inquiète, lui aussi, des mesures protectionnistes qui vont renchérir les coûts de production et torpiller la compétitivité des entreprises américaines, donc aller à l’encontre des intérêts du pays.

Mais avec les populistes, le bon sens économique ne suffit pas, car leurs arguments reposent en réalité sur la peur de l’autre, la recherche du bouc émissaire et le repli sur soi. La mise sous cloche des industries nationales revient à croire que la ligne Maginot arrête les Allemands, ou que les murs arrêtent les migrants. En France, les coups de pub de Trump trouvent pourtant un écho extraordinaire : de Montebourg (qui lance sans complexe que Trump « fait du Montebourg »), à Jean-Luc Mélenchon qui voit en lui l’avènement de cette « ère du peuple » qu’il appelle de ses vœux, en passant par Marine Le Pen qui encense la méthode Trump et fait mine de croire que le volontarisme suffit à changer la donne, les populistes de droite comme de gauche se retrouvent en lui. Et c’est ce qui effraye le plus. Celui qui ne connaît pas l’histoire, on le sait depuis Marx, est condamné à la revivre. 

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