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[Edito vidéo] L'asymétrie du blâme

Christine Kerdellant

Publié le

[Edito vidéo] L'asymétrie du blâme © DR

 

 

Si vous ne connaissez pas encore le principe de l’« asymétrie du blâme », le bilan économique de François Hollande vous en fournira une illustration parfaite. Cette notion que l’on retrouve chez Aristote pourrait, en caricaturant à l’extrême, s’énoncer ainsi : une critique méchante pèse plus lourd qu’un bon ouvrage ; ou encore : les électeurs sanctionnent les mauvais choix économiques avec plus de force qu’ils ne récompensent les bons, les insatisfaits étant plus motivés à se rendre aux urnes que les satisfaits. La SNCF connaît bien le phénomène, qui n’est jamais félicitée pour les milliers de trains qui arrivent à l’heure chaque jour !

C’est, le plus souvent, la situation économique du pays qui détermine le vote des électeurs. Or celle de l’Hexagone, si elle n’est guère flambante, n’empêchait pas François Hollande de se représenter. L’objectivité oblige en effet à reconnaître que la France va moins mal aujourd’hui qu’en 2012. Mais aussi que le Président sortant n’y est pour rien. Ce sont des facteurs exogènes, la baisse du pétrole et la baisse des taux, qui ont redonné du pouvoir d’achat aux citoyens et des marges aux entreprises. Leur double remontée pèsera donc lourdement sur le mandat du Président suivant, qui reprochera avec raison à son prédécesseur de ne pas avoir profité de l’embellie temporaire offerte par la Banque centrale européenne et l’Opep pour faire les réformes nécessaires. L’autre réalité objective, c’est que notre situation relative s’est dégradée, puisque l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis, aussi mal en point que nous en 2008, ont retrouvé le plein-emploi.

Pour l’homme de la rue, il n’y a rien à sauver du bilan de François Hollande. Les Français appartenant aux classes populaires et aux classes moyennes basses, qui ont bénéficié des allégements d’impôts, n’ont pas le sentiment d’avoir vu leur situation s’améliorer depuis cinq ans. Là encore, la dégradation de début de mandat pèse plus lourd que les petits cadeaux de la fin. D’ailleurs, on s’étonne que Manuel Valls ne rappelle jamais que le quinquennat Hollande a comporté deux phases, et que lui ne peut être tenu responsable pour la première, celle de l’amateurisme économique. Sa propre action aura surtout consisté à « payer les pots cassés » et à rectifier les erreurs commises sous Jean-Marc Ayrault – de la loi Duflot aux mesures pénalisant l’apprentissage et les emplois à domicile.

Au fond, l’Histoire se souviendra moins des résultats de François Hollande que de son incarnation pitoyable de la fonction présidentielle. Les éditeurs se plaignent sans cesse du numérique qui rend leur métier plus difficile, mais ils pourraient se réjouir : le papier n’a rien perdu de son influence. Car ce sont deux essais qui ont décrédibilisé l’hôte de l’Élysée : « Merci pour ce moment », de ­Valérie Trierweiler, et « Un président ne devrait pas dire ça », de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Si le web a envahi nos vies, s’il a fourni, minute par minute, la chronique du quinquennat et décortiqué, en temps réel, les promesses, les prouesses et les désastres du Président, ce sont deux livres qui l’ont tué. 

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1 commentaire

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25/01/2017 - 22h58 -

On voit mal pourquoi il faudrait féliciter la SNCF qu'on paye pour que ses trains arrivent à l'heure.........prévue par la SNCF ? Alors qu'à l'inverse, c'est bien elle qui n'est pas capable d'assurer ce qu'elle promet lorsqu'ils sont en retard ? Et si les impôts on pu baisser pour certains, les prix eux se sont envolés,mais subrepticement grace aux industriels qui trichent sur les quantités. Parce qu'il faut bien trouver les ressources pour assumer les mesures sociales destinées à compenser ce qu'on casse en matière d'emploi
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