Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Election présidentielle 2017

[Edito] Pourquoi le programme économique de Marine Le Pen est suicidaire

Christine Kerdellant ,

Publié le , mis à jour le 13/02/2017 À 16H54

Retour au Franc, sortie de l'Union européenne, une indifférence totale aux défis industriels... Christine Kerdellant, directrice de la rédaction, recense les 5 principaux dangers pour l'économie si Marine Le Pen devait être amenée à appliquer ses " 144 engagements présidentiels". 

[Edito] Pourquoi le programme économique de Marine Le Pen est suicidaire © DR

Son programme 2012 était bourré de contradictions. Elle « baissait le coût du travail » mais prônait « des hausses massives de salaires », elle promettait une hausse des prix des produits alimentaires (chapitre « Agriculture ») et une baisse des mêmes prix (section « Pouvoir d’achat »)… Pour éviter les moqueries, les « 144 engagements présidentiels Marine 2017 », divulgués début février, s’en tiennent aux grands principes. Il n’empêche, certains font déjà exploser les taux d’intérêt de notre dette. Sur le seul plan économique, au moins cinq dangers majeurs se profilent.

1. Le retour au franc. Marine Le Pen ne le cite pas, mais évoque le « rétablissement d’une monnaie nationale adaptée à notre économie », ce qui revient au même. Elle ne parle plus de sortir de l’euro, mais la cohabitation des deux n’aurait pas de sens. Or sortir de l’euro est une opération-suicide. La raison d’être d’une monnaie est sa crédibilité. Le franc n’en a aucune ! Arrimés au « mark » – c’est ainsi que les Chinois voient l’euro –, nous bénéficions du halo de bonne gestion allemande. Le retour du franc, suivi d’une dévaluation (c’est ce que signifie « adaptée à notre économie »), conduirait automatiquement à une inflation massive sur les produits importés, mais aussi à la spoliation des propriétaires d’assurance-vie et des autres épargnants. Quant à la dette, elle verrait ses taux d’intérêts exploser définitivement. Avec, en vue, le scénario argentin : inflation, incapacité de rembourser la dette, mesures de rétorsion, augmentation des impôts, récession, appauvrissement, chaos politique… et impossibilité de s’extraire de ce cercle mortifère.

2. La sortie de l’UE. La promesse principale de Marine Le Pen est de retrouver « la souveraineté monétaire, législative, territoriale et économique ». Un référendum sur l’appartenance à l’Union serait programmé. On imagine que le mécontentement actuel des citoyens, nostalgiques des années de croissance, porterait le « oui ». Beaucoup de mesures du programme ne s’envisagent d’ailleurs pas sans quitter l’Europe, comme la résiliation de Schengen. Que se passerait-il ensuite ? Le Brexit n’est certes pas (encore) une catastrophe pour le Royaume-Uni. Mais le départ des banques de la City préfigure des difficultés à venir. Aux États-Unis, les entreprises protestent déjà contre les mesures protectionnistes de Trump. Nous ne pouvons prospérer seuls.

3. Un coût proche du « revenu universel » de Benoît Hamon. Le programme liste les dépenses envisagées. Leur financement ? « La fin des mauvaises dépenses publiques, notamment celles liées à l’immigration et à l’Union européenne » et « la lutte contre la fraude fiscale et sociale ». Mais la fin du secret bancaire en Suisse n’a rapporté que 8?milliards d’euros en quatre ans, un exploit pourtant extraordinaire… Le député (LR) et économiste Maël de Calan estime que les mesures du FN provoqueraient un déficit de 10 % du PIB et, en cinq ans, une augmentation de 1 500?milliards de la dette ! Benoît Hamon peut aller se rhabiller…

4. Une indifférence totale aux défis industriels. Le catalogue de vœux pieux du FN propose, mesure 34, la réindustrialisation de la France – en une ligne ! – et, mesure 40, un « secrétariat d’État aux mutations économiques, pour anticiper les évolutions liées aux nouvelles technologies (ubérisation, robotisation, économie du partage) ». On souhaite du courage au secrétaire d’État qui devra trouver tout seul les solutions.

5. Le syndrome « on va si mal qu’on n’a rien à perdre » ou « on a essayé tous les autres, Marine ne peut pas être pire ». Il figure en filigrane dans le programme, car il est dans la tête des électeurs. Le flou permet toutes les promesses (le FN cible particulièrement TPE et PME), et la candidate sait bien que, face à des citoyens désabusés, sa meilleure chance est d’entretenir l’illusion que ça ne peut pas aller plus mal. Erreur ! La France est la 6e puissance du monde en n’étant que sa 20e population. Certes, nous déclinons, nous pourrions faire mieux si nous ne nous infligions pas ces déficits et ces mesures anti-entreprises, mais nous sommes encore une nation prospère où il fait bon vivre. Lestés des absurdités économiques de « Marine 2017 », nous ne le resterions pas longtemps. 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus