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[Edito] Monsieur Hamon, ne faites pas fuir les robots !

Christine Kerdellant , , , ,

Publié le

Ce ne sont pas les robots qui ont tué l’emploi industriel en France… mais leur absence.

[Edito] Monsieur Hamon, ne faites pas fuir les robots ! © DR

Monsieur Hamon, ne faites pas fuir les robots : ce ne sont pas eux qui tuent l’emploi en France… mais leur absence ! Il n’y en a pas trop, mais pas assez ! Si nous les taxons comme vous le promettez, nous ferions fuir l’investissement - qui a redémarré l’an passé -, donc l’emploi. Notre industrie aurait perdu moins de jobs et de points de PIB depuis vingt ans si la révolution robotique s’était faite. Nous n’avons pas pris cette vague : essayons, comme les champions de surf, de prendre ensemble celle-ci et la suivante, la révolution 3.0 et celle du 4.0.

En France, en effet, on mélange tout : on parle de robotique et de numérique pour caractériser l’industrie 4.0, alors que ces outils existent depuis deux décennies. Ils incarnaient l’industrie 3.0. Le 4.0, c’est la connectivité des moyens de production.

La révolution en cours s’appuie certes sur des robots à commande numérique, mais la nouveauté tient aux capteurs qui permettent de les relier entre eux et de les relier aux hommes grâce à l’exploitation des données recueillies. Quand des capteurs, sur un robot, lui permettent de dire "attention, je vais tomber en panne", ou s’il peut travailler près de l’opérateur en imitant ses mouvements en toute sécurité, il s’agit bien d’industrie 4.0. Sinon, c’est la génération précédente…

Pourquoi mélangeons-nous tout sous l’appellation "industrie du futur" alors que les Allemands distinguent les deux ? Sans doute parce que nous sommes obligés de faire les deux sauts en même temps : à quelques secteurs et entreprises près, nous avons en effet raté l’étape du 3.0. En cause, le déficit d’investissement des années 1990 et 2000, lorsque nous avons laissé vieillir notre appareil de production faute de marges bénéficiaires suffisantes. Pire, pour rester compétitives, beaucoup d’entreprises ont délocalisé dans les pays de l’Est, là où les coûts de main d’œuvre étaient faibles et le code du travail moins complexe.

Pendant ce temps, l’Allemagne de la réunification mettait les bouchées doubles en matière de robotique, tout en réduisant ses coûts de main d’œuvre avec les accords Hartz… Voilà pourquoi aujourd’hui, son commerce extérieur est bénéficiaire de 260 milliards d’euros quand le nôtre accuse un déficit de 48 milliards. Voilà pourquoi, aussi, l’emploi industriel n’a baissé que de 4,5 % quand en France, il baissait de 20,8 % ! L’Allemagne exploite six fois plus de robots (180 000 contre 30 000) et le taux de chômage y est trois fois moins élevé (3,8 % contre 10 %, sources Eurostat janvier).

Voilà pourquoi, Monsieur Hamon, vous devez abandonner votre idée de taxe sur les robots. La révolution 4.0 est d’autant plus acceptable que les données connectées sont au service de l’homme : elles rendent possible la maintenance prédictive, l’aide au diagnostic, les cobots – qui portent les choses lourdes à notre place ou nous remplacent pour les tâches en station debout, bras en l’air -, toutes choses qui permettent aux salariés de garder les tâches à plus forte valeur ajoutée. Nous aurons plus que jamais besoin de techniciens très formés et d’ingénieurs : l’économiste Elie Cohen anticipe d’ailleurs une pénurie massive d’ingénieurs en Europe. Une chance que Donald Trump ferme ses frontières : nous leurs déroulerons le tapis rouge.

 

 

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