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[Edito] Macron, Fillon, Hamon… évitent les usines

Christine Kerdellant

Publié le

L’industrie a disparu de la campagne (présidentielle) comme de nos campagnes, explique Christine kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle

Pauvre François Hollande ! Il n’y a plus que lui qui puisse se rendre dans les usines sans risquer les jets d’œufs, les sifflets désobligeants ou les concerts de casseroles. Alors il y va, comme il va dans les centres commerciaux de banlieue parisienne ou à la rencontre des étudiants : dans l’indifférence générale. Les gens lui demandent gentiment des selfies "pour l’histoire". Lui qui a fait sept campagnes présidentielles (comme colleur d’affiches, soutien de l’ombre, stratège de la pénombre, secrétaire général, ou candidat), il vit la huitième en tant que président… mais sans enjeu. Les directeurs d’usines et leurs salariés ne sont guère excités lorsqu’ils le reçoivent. Il visite les lignes de montage et les centres de R&D dans un climat apaisé, à l’instar des petits candidats, inconnus ou familiers des lieux, comme Jean Lassalle ou Philippe Poutou : ceux-là n’ont pas peur d’affronter les ouvriers de Ford à Blanquefort ou les cadres d’Areva à Paimboeuf.

Mais le Club des Cinq, lui, ne s’aventure guère hors des sentiers balisés. Les grands candidats évitent les usines comme ils répugnent à parler du chômage : l’expérience de François Hollande, scotché avec Florange et son inversion de la courbe, leur sert de repoussoir.

Et pourtant ! Il paraît que pour Emmanuel Macron, tout a commencé lors d’une visite d’usine. C’était il y a deux ans. Un apprenti soudeur interpelle celui qui est alors le ministre de l’économie : "Pourquoi tu n’es pas président ?" L’intéressé hausse le sourcil, sourit : "Pourquoi pas ?" Et se met, paraît-il, à y penser pour de bon en se rasant. Dommage qu’on n’ait jamais su de quel soudeur et de quelle usine il s’agissait. Sûrement pas Rexiaa à Issoire, dans le Puy-de-Dôme : on l’y a chahuté quand il était ministre. Ni Whirlpool à Amiens, qu’il a soigneusement évitée bien qu’il soit l’enfant du pays. Avec les ouvriers, il n’y a plus que des coups à prendre. François Fillon le sait mieux que personne, qui a reçu un accueil chaleureux sur le marché de Biarritz… mais des projectiles à l’entrée de l’usine voisine.

L’industrie a disparu de la campagne présidentielle comme des campagnes tout court. C’est pourtant le moment rêvé d’en parler : elle voit revenir ses marges, renoue avec l’investissement, et elle est l’enjeu de la prochaine décennie. Il n’y aura pas d’économie française forte ni de retour au plein emploi sans redéploiement industriel, grâce au numérique et à la connectivité. Quelques secteurs ont d’ailleurs retrouvé de l’allant : l’automobile, la défense, le BTP. Mais difficile d’oublier que pendant le quinquennat Hollande, Alcatel, Alstom, Faiveley, Lafarge, Montupet et bien d’autres ont déménagé leur siège hors de l’Hexagone. Et de même que nous sommes en passe de rater l’opportunité du Brexit – les sièges des banques de la City, à deux exceptions près, ne viendront pas à Paris, elles ont choisi Francfort ou Dublin – les nouvelles usines digitales et connectées ne se relocaliseront jamais chez nous si nous ne prenons pas des mesures rapides sur la simplification du code du Travail ou la baisse des prélèvements obligatoires. Pour que lors de la prochaine campagne, les candidats retrouvent avec bonheur – qui sait ? - le chemin de l’usine.

 

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2 commentaires

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04/04/2017 - 08h38 -

Désolé mais jean-luc Mélenchon (intégré je suppose au club des 5) a fait la tournée de notre industrie (barrage, chantiers navals ....). Propos à rectifier svp.
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Nom profil

03/04/2017 - 19h44 -

Dans l'optique de la déontologie journaliste il existe un prisme déformant de l'info en direct pour faire le buzz. Vos propos concerne MM. Fillon, Macron, énarque de la finance rattaché au Bilderberg contre espèce sonnante et trébuchante. D'ailleurs l'un comme l'autre le dise eux-mêmes, ils n'en n'ont jamais assez pour finir le mois. C'est clair que les travailleurs des usines ne sont et ne font pas partie de la même caste....libérale. OU le choix du démantèlement de l'outil de travail et des conditions sur le dos des ouvriers d'usines l'emporte pour la plus grande satisfaction des actionnaires en réduction des coûts de production. Mais pour la France insoumise le mouvement dont M. Mélenchon est son porte-parole, n'hésite pas à retrousser les manches, Verrerie, Docker, Anker... Le camion "Les insoumis" traverse actuellement la France au rythme des meetings du candidat avec l'objectif de convaincre les indécis afin de faire de la France bafouée, indécise, une France insoumise.
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