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[Edito] Macron : Bonaparte ou Kennedy ? Schumpeter, plutôt !

Christine Kerdellant

Publié le , mis à jour le 22/05/2017 À 09H58

 

 

Tous les parallèles ont été osés. On l’a comparé à Bonaparte (intelligence, jeunesse, rapidité) et à Kennedy (belle gueule, sens politique, jeunesse). Mais en réalité, c’est de Schumpeter qu’il faut rapprocher Emmanuel Macron, comme le PS et Les Républicains en font l’amère expérience.

Adepte de la destruction créatrice… en politique. Joseph Schumpeter (1883-1950) a popularisé le concept de destruction créatrice. Pour cet économiste, les innovations détruisent des pans entiers d’activités et d’emplois, mais elles en créent simultanément de nouveaux. Le petit monde politique français vit sa destruction créatrice en direct, il se fait ubériser sous nos yeux. Avec son gouvernement, Macron a commencé à brouiller le clivage gauche-droite, et a carrément dynamité le clivage jacobins-girondins. Il s’appuie sur des maires de grandes villes (Paris exclu), des maires qui, comme lui, préfèrent l’efficacité économique à l’idéologie – car rien de tel que le laboratoire d’une agglomération pour comprendre que ce sont les entreprises qui font la prospérité d’un territoire. Il s’appuie sur les deux chefs de file de ce pragmatisme triomphant, Gérard Collomb, maire de Lyon issu de la gauche, et Édouard Philippe, maire du Havre issu de la droite.

Adepte de la destruction créatrice… en économie. Même en face des salariés de Whirlpool, le candidat En marche ! n’a pas fait croire que le statu quo était possible. En tant que ministre de l’Économie, il a défendu les start-up et accompagné la French Tech à Los Angeles, encouragé les jeunes à faire fortune et célébré l’innovation porteuse d’avenir même lorsqu’elle menace les positions installées.

Chantre de la concurrence. Schumpeter glorifiait l’innovation et la concurrence, Macron lui emboîte le pas. La commission Attali, dont il était le secrétaire général en 2008, l’y avait sensibilisé. Il en a été ensuite convaincu par Philippe Aghion, l’économiste chez qui il est souvent allé prendre des « cours du soir ». La loi Macron I, qui a permis aux cars de challenger la SNCF sur ses chasses gardées et d’enfoncer un coin dans les privilèges des professions réglementées, allait déjà dans ce sens.

En marche ! a fonctionné comme une start-up. Certes, le mouvement n’en est plus une aujourd’hui. Macron lui-même a dit au Salon des entrepreneurs, en février, qu’il était devenu une ETI, et en juin ce sera une vraie multinationale. Mais En marche !, par la jeunesse et l’implication de ses troupes, le style de leadership de son créateur, le pari du risque qu’il a pris et l’ubérisation des concurrents qu’il a provoqués, a emboîté le pas des licornes qu’il glorifie. Pourvu que ce nouveau BlaBlaCar n’ait pas vendu que du bla-bla.

Que peuvent alors attendre de lui les entreprises ? La France s’est enfin dotée d’un Président proche des entreprises, même s’il n’y a pas d’intitulé ministériel pour l’industrie, les PME ou le commerce extérieur. Mais elles sont au cœur de son programme. Et c’est tellement plus important que de savoir s’il est de gauche ou de droite ! Le gouvernement ne compte en son sein aucune Cécile Duflot (la plus mauvaise ministre du Logement que la France ait portée), mais beaucoup de professionnels. À l’inverse, si Macron fait appliquer les mesures de son programme – la flat tax pour les revenus du capital, le décalage ou la disparition du prélèvement à la source, la stabilité fiscale, et la simplification du code du travail –, les entreprises auront de bonnes raisons de retrouver leur optimisme. 

Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle

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