Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

De la désindustrialisation à l’hyper-industrie

Publié le

Oubliez les soupirs navrés de la désindustrialisation. Oubliez les peurs que fait naître la perspective d’un monde postindustriel, avec ses relents d’entreprise « fabless », qui avait si mal inspiré Serge Tchuruk lorsqu’il rêvait d’un Alcatel-Lucent en « entreprise sans usine ». Et bienvenue dans l’ère de la « société hyper-industrielle », selon l’expression de Pierre Veltz, l’ingénieur sociologue auteur du livre éponyme aux Éditions du Seuil.

« L’Usine Nouvelle » et « L’Usine Digitale » s’efforcent de montrer, depuis longtemps, que l’avenir de l’industrie réside dans l’intégration d’une part de plus en plus importante de services. Mais pour Pierre Veltz, la distinction est tout bonnement dépassée. Et pas seulement parce que les entreprises emblématiques du XXIe siècle, Google et Apple, sont des monstres bifaces : elles produisent du hardware (des smartphones, des ordinateurs, des robots, des principes actifs de médicaments…), mais aussi du software (des applications, des données ou des emplacements publicitaires)… L’une et l’autre font fabriquer davantage qu’elles ne fabriquent, l’une et l’autre mettent leur « génie » dans la conception amont et non dans la production aval. Mais, à en juger par les craintes qu’expriment les industriels de tous bords à la perspective de se faire déposséder de leurs « données » par ces nouveaux monstres, nul doute qu’elles sont devenues des concurrents universels. La bataille de la data est au cœur de l’hyper-industrie.

Pour réfuter l’expression « post-industrie » et justifier son nouveau vocable, Pierre Veltz explique que le nouvel univers productif se situe pour l’essentiel « dans la continuité du monde industriel ancien ». Il a raison. Prenons deux usines de pièces détachées, qui fabriquent les mêmes produits avec les mêmes machines. Imaginons qu’elles sortent un coût à la tonne différent de 50 %. Et que l’explication de cet écart tienne à la disponibilité des machines. L’usine 1, où les machines sont connectées et où les opérateurs font de la maintenance prédictive (après avoir développé une capacité à apprendre ensemble, à interpréter et à gérer les flux d’événements), ne connaît plus les pannes… tandis que l’usine 2 continue d’en pâtir. La productivité des machines devient alors plus importante que la productivité du travail, parce que nous sommes entrés dans une économie de relations et de connectivité.

L’économie de la fonctionnalité est un autre aspect de l’hyper-industrie, éminemment vertueux. Quand un fabricant de machines à laver vend à son client industriel un nombre de lavages plutôt que des appareils, il ne risque plus d’organiser une obsolescence programmée !

Les industries de biens d’équipement vont jusqu’à adopter les stratégies de plates-formes. L’un des leaders mondiaux de la machine-outil, l’allemand Trumpf, a créé, via sa filiale Axoom, une plate-forme logicielle ouverte qui permet aux clients d’assembler des composants et des modules pour des machines spéciales, provenant de tout un réseau d’entreprises partenaires – y compris des concurrents de Trumpf ! Voilà à quoi ressemble l’hyper-industrie. Pas de doute, elle existe déjà. 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus