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Canal Seine Nord Europe : ne sacrifions pas la croissance et l’emploi de demain !

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Tribune Xavier Bertrand, député-maire de Saint-Quentin (Aisne), défend l'idée d'un Canal Seine Nord Europe pour encourager la croissance dans la nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie et désengorger l'A1.

Canal Seine Nord Europe : ne sacrifions pas la croissance et l’emploi de demain ! © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Notre objectif est partagé : nous voulons pour notre pays une croissance forte. Cela passe par une politique d’investissements dans des grands projets d’infrastructures nouveaux.

Parmi ces projets, le canal à grand gabarit Seine Nord Europe est appelé à relier le bassin de la Seine aux 20 000 km du réseau fluvial européen. Lancé en 2011, il devrait voir le jour d’ici 2023 s’il n’est plus remis en question. Toutes les études montrent clairement qu’il est utile pour la croissance. Et même nécessaire pour celle de la nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Notre grande région doit retrouver le chemin de l’emploi. Et ce sont plus de 10 000 emplois qui seront créés rien que pour le chantier, sans compter ceux des activités industrielles mais aussi de la filière transport et logistique qui viendront s’implanter ensuite grâce à ce canal. Et ces emplois sont non-délocalisables. C’est un projet attendu par tout un territoire, qui n’aura pas été épargné par les crises économiques successives, qui s’apprête à voir le jour. Ainsi dotée d’un port maritime – celui de Dunkerque – et d’une infrastructure fluviale performante, respectueuse de son environnement, reliée aux grands axes de communication par lesquels transitent les grands flux logistiques européens, la nouvelle région aura un atout de plus pour devenir un territoire aussi attractif que la Flandre, poumon économique de son pays.

C’est l’ambition que nous voulons porter pour la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais Picardie.

Mais il ne s’agit pas que d’un enjeu régional. En plaçant la France au cœur de l’Europe fluviale et des grands réseaux de commerce, c’est le choix d’une nouvelle ère économique qui est fait. C’est en effet un outil économique et industriel sans équivalent dont la France va ainsi se doter. Le transport fluvial demeure le mode de transport le plus fiable et le plus rentable. Il est peu cher, car 1 bateau sur le canal Seine Nord Europe pourra transporter simultanément jusqu’à 4400 tonnes, là où un train transporte 1000 tonnes au plus et un camion jusqu’à 44 tonnes. Il est fiable, notamment par rapport à un transport routier victime de l’engorgement des voies de circulation ; on estime ainsi qu’1 milliard d’euros est perdu chaque année du seul fait de l’engorgement de l’autoroute A1 par laquelle transitent précisément les biens en provenance des ports du nord. Il est écologique, car chaque bateau mis à l’eau, ce sont au moins 100 camions de moins sur les routes et autoroutes de notre pays.

Le Canal Seine Nord Europe est aussi un instrument au service de la compétitivité de nos grandes portes maritimes que sont Dunkerque et Le Havre. Aujourd’hui, les grands ports européens comme Rotterdam et Anvers tirent leur rentabilité et leur croissance de leur capacité à proposer des chaînes logistiques économiques et fiables. Demain, grâce au Canal Seine Nord Europe, c’est ce modèle que les ports français pourront mettre en place, afin de se hisser aux premiers rangs de la compétition mondiale. Si le port de Rotterdam accueille aujourd’hui 4 fois plus de conteneurs que celui du Havre, c’est parce qu’il peut s’appuyer sur des chaînes logistiques alliant le transport ferroviaire et le transport fluvial pour les acheminer. C’est la même économie de la logistique que nous devons construire pour renforcer le port de Dunkerque. Et le canal y jouera un rôle majeur.

La responsabilité de l’État est de leur donner les moyens de l’ambitieuse politique maritime que j’appelle de mes vœux, et le canal Seine Nord Europe peut être un outil formidable pour les y aider. Cessons de nous cacher la vérité. Aujourd’hui le premier port français n’est ni à Marseille, ni au Havre ou à Dunkerque mais bien Anvers car l’essentiel des biens manufacturés à destination de la France transitent par des ports du nord de l’Europe. Ne rien faire, comme le suggèrent les conservateurs de tous bords, c’est condamner notre pays, qui est la façade maritime de l’Europe, à jouer les seconds rôles. Or notre vocation, c’est de jouer les premiers rôles. Arrêtons les renoncements, et choisissons au contraire la voie du sursaut et du redressement pour notre économie nationale comme régionale !  

Xavier Bertrand

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