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Election présidentielle 2017

Arnaud Montebourg, candidat de la relance par la demande

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Après avoir été le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg qui présentait ce matin son projet économique s’affiche désormais comme le candidat "du travail et de la fiche de paie". Il propose une stratégie de relance par la demande adressée aux entreprises par les ménages ou l’Etat, en partenariat avec le secteur privé. Emploi, relance des salaires et plan d’investissement sont donc au cœur de son programme. 

Arnaud Montebourg, candidat de la relance par la demande © Mathieu Guibard CC Twitter

Dans la salle du Comptoir général, haut lieu de la boboïtude parisienne, Arnaud Montebourg était ce matin entouré de ses soutiens politiques, des parlementaires frondeurs (Christian Paul, Laurent Baumel …) et des personnalités de la gauche du PS comme Jérôme Guedjj ou Emmanuel Maurel, mais aussi des chefs d’entreprise (Jacques Schaffnit, PDG de RFS et ex-président d’Ascométal), des associatifs et un économiste de l’OFCE, Matthieu Plane qui a effectué le cadrage budgétaire de son projet.

Il a d’abord donné un petit coup de griffe à certains de ses concurrents à la primaire affirmant qu’"on ne fait pas programme en 15 jours en chambre mais qu’on le construit avec les Français." Parti en campagne sept mois avant Manuel Valls ou Vincent Peillon, il estime avoir la légitimité du terrain et a présenté un programme "anti-austérité" .

Pour les entreprises, des allègements réduits et  un nouveau ciblage.

L’effort portant sur le redressement des entreprises est selon le candidat à la primaire de la gauche déjà réalisé, il faut désormais s’attaquer à l’atonie de la croissance, en alimentant la demande des entreprises. L’ancien ministre qui a soutenu en son temps le CICE (Crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi) propose donc de récupérer un quart des allègements du CICE et du pacte de responsabilité, c'est-à-dire 10 milliards et de revoir l’affectation des 30 milliards qui restent. Les PME et les secteurs exposés à la concurrence internationale seront privilégiés car Arnaud Montebourg estime que le CICE a été très utile pour éviter une hémorragie d’emplois dans les PME industrielles, alors que le secteur de la banque, de l’assurance et de la grande distribution n’en ont pas besoin.

Le dispositif n’a pas été détaillé mais selon Matthieu Plane, son conseiller économique, "l’idée est de travailler sur les tailles d’entreprises concernées et l’assiette de référence. Aujourd’hui, les réductions sont calculées en fonction de la masse salariale, demain cela pourrait passer par d’autres types de mesures liées à l’amortissement des investissement par exemple." Le secteur bancaire qui devrait voir ses allègements diminués subira une double peine puisque le projet d’Arnaud Montebourg propose une taxe sur "les supers profits des banques" qui doit rapporter 5 milliards aux caisses de l’Etat chaque année.

A défaut d’allègements, le candidat promet aux entreprises des commandes (dont 80 % d’achat public pour les PME françaises). Avec un plan d’investissement dans les infrastructures et les territoires pour une relance écologique de 20 milliards et de 100 milliards dans la rénovation thermique des logements. Selon ses calculs avec l’effet de levier du secteur privé et des collectivités territoriales, le coût pour l’Etat ne serait que de 8 milliards sur les 120. Un pari un peu audacieux mais de quoi créer de l’emploi selon lui.

Pouvoir d’achat

Si l’emploi doit permettre de redonner du pouvoir d’achat (le projet envisage un taux de chômage ramené à 6,1 % en 2022), Arnaud Montebourg milite aussi pour une hausse des salaires. Pas d’intervention autoritaire toutefois sur ceux du secteur privé ni de relèvement du Smic prévu mais un engagement à mettre les partenaires sociaux des branches et des entreprises autour de la table pour négocier sur les salaires en partageant les gains de productivité. "Il faut s’attaquer à la distribution primaire des revenus. Les salaires ont rétrécis dans la répartition de la richesse", a déclaré le candidat en citant l’exemple de la politique des laboratoires Boiron qui indexe les salaires sur les hausses de productivité depuis longtemps. " Et savez-vous quels ont été les hausses chez Boiron cette année ? + 3,8 %". Au-delà des salaires, la participation serait étendue à toutes les entreprises même celles de moins de 50 salariés. Et les salaires des PDG des entreprises cotées sous contrôle en imposant que le pourcentage de hausse accordé au patron soit égal à celui des employés.

L’autre levier de pouvoir d’achat du programme Montebourg est l’instauration d’une baisse de CSG pour les salaires en dessous de 1,4 Smic. Cette mesure de 8 milliards d’euros serait financée par les économies de 10 milliards réalisées sur le CICE et le pacte de responsabilité. "Au niveau du Smic, c’est un gain de 1222 € par an, c'est-à-dire un treizième mois." Les travailleurs indépendants verraient aussi leur cotisations sociales baisser via une réforme du Régime social des indépendants "un scandale car le RSI appelle des charges lorsqu’il y a 0 euro de chiffre d’affaires ou de résultat alors que ces gens ne vivent que de leur travail". En revanche le candidat a rejeté l’idée d’un revenu minimum de base comme un sujet de prospective. Arnaud Montebourg veut également motiver le télétravail dans les communes rurales par de la défiscalisation et des télécentres dans les villages. Il envisage de mettre 3 milliards sur le dossier car il ne se résout pas à "ce qu’il y ait 5 métropoles dynamiques en France et des zones rurales abandonnées. Il faut réorganiser la carte du territoire pour paraphraser Michel Houellebecq."

"La société des trois contrats"

Au-delà de ces mesures le candidat appelle à de nouvelles solidarités qui rendent des perspectives et de la dignité par l’insertion économique. C’est ce qu’il appelle la société des trois contrats : contrat de travail, contrat de formation ou contrat d’activité. Le premier est connu, il n’est question que d’abroger la loi El khomri qui permet de " travailler plus pour gagner moins", le deuxième consisterait à mettre en formation tout demandeur d’emploi via une révolution de Pôle emploi, à qui on adjoindrait l’Afpa et les Greta pour créer "une grande agence de l’évolution professionnelle", le contrat d’activité s’adresserait à des chômeurs de longue durée affecté à des activités non rentables mais utiles à la société ( épicerie solidaire, magasin de réparation et recyclage …). Il s’agit d’une extension de l’expérimentation "territoires zéro chômeurs" portée par ATD quart monde.

Au global, l’incidence budgétaire du programme d’Arnaud Montebourg est selon les calculs de son équipe de plus 24,4 milliards d’euros par an pour un déficit de 3,4 % en 2016 ramené à 2,5 % en 2022 grâce à une nouvelle vigueur des recettes par la croissance. Le candidat ne s’est pas prononcé sur d’éventuelles économies dans la sphère publique. Il envisage en revanche de porter le budget de la défense à 2 % du PIB. Il justifie sa stratégie de relance par un mouvement sur lequel s’accordent les organismes internationaux comme le FMI et l’Ocde et de nombreux pays du G8. Il a plusieurs fois cité l’exemple de la première ministre britannique, Theresa May, qui envisage aussi un plan de relance. Peut-être pourrait-on lui souffler que si le niveau des prélèvements obligatoires était de 45, 6 % du PIB en France en 2014, il n’était que de 32,6 % au Royaume-Uni. Arnaud Montebourg a redit tout son attachement au projet européen "qui ne doit pas avoir comme seul horizon les 3 % de déficit". Une fois président, le candidat Montebourg envisage une "stratégie bloc contre bloc" pour réformer l’Europe avec la France comme chef des files des pays anti-austérité.

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