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jeunes entreprises innovantes |
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Chaque année l'Usine
Nouvelle débusque plus d'une centaine de jeunes sociétés performantes,
sans compter celles que votre magazine vous fait découvrir chaque semaine. Retrouvez
ces entreprises classées par nom, par secteur, par département,
et détectez aussi celles qui embauchent. |
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JEI : 5 ANS ET APRES ?
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Près de 75% des entreprises innovantes de notre enquête ont dépassé le cap des cinq ans. Une performance qui met en lumière la volonté hors du commun de ces jeunes pousses à prendre racine.
A l’encontre d’une idée reçue, les périls et les pièges qui guettent les entreprises innovantes sont plus nombreux encore que ceux qui émaillent le parcours d’une entreprise plus «classique». Tout simplement parce qu’elles ont placé la barre plus haut. «La création d’entreprise est risquée: une entreprise sur deux meurt dans les cinq ans qui suivent sa naissance. Or créer dans l’innovation c’est encore plus dur car il faut ouvrir un marché et d’emblée se placer à l’international. Les risques sont exponentiels », souligne Philippe Grand consultant associé chez Ernst & Young.
Et pourtant, elles survivent mieux, comme le révèle notre enquête. Ce que confirme le ministère de la Recherche dans le cadre de son Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes : sur 70 entreprises lauréates créées en 1999, 67% sont toujours en activité. Même performance du côté des entreprises financées par des fonds alimentés par CDC Entreprises et par celles exclusivement issues de la recherche scientifique, «même si celles-ci dépassent rarement le stade de la petite entreprise », remarque Philippe Mustar, professeur à l’Ecole des mines de Paris.
Il faut bien sûr tenir compte de celles qui ont été rachetées ou cédées (11%). Mais un tel dénouement correspond souvent au souhait des fondateurs eux-mêmes. Et parfois leur sauve la mise, comme ce fut le cas pour le moteur de comparaison de prix Kelkoo, avec son acquisition inespérée par l’annuaire internet américain Yahoo!
Restent les 17% qui mettent définitivement la clé sous la porte. Sur ce chapitre des défaillances, certains secteurs semblent plus fragiles. Ainsi, dans notre panel, la moitié des entreprises disparues opéraient dans le secteur des sciences de la vie. «Il est difficile de faire grandir les sociétés de biotechnologies », reconnaît Angelita de Francisco, déléguée générale de France Biotech. Pour sa part, CDC Entreprises enregistre une prédominance des défaillances dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Deux sur trois ont déposé des brevets
Si la défaillance est l’exception, pour tous la voie est semée d’embûches. La moitié des entreprises du panel ayant passé brillamment le cap des cinq ans reconnaissent avoir rencontré des difficultés. Il est souvent difficile de croiser une technologie de rupture et son marché, comme en témoigne LTU Technologies. Après avoir peiné à imposer en France sa technologie de reconnaissance d’image, cette entreprise issue des laboratoires de l’Inria a dû se tourner vers les Etats-Unis.
Mais les plus grosses difficultés demeurent financières. Les banquiers répondent le plus souvent absents. L’innovation n’ouvre pas davantage les portes des investisseurs. Bien au contraire. Nombre de créateurs s’épuisent à trouver des sources de financement plutôt que de développer leur technologie ou leur offre. Et faute de moyens suffisants, ils peinent à décoller, s’essoufflent et jettent l’éponge. «Les 10 à 15 dossiers d’exception par an en France sont les arbres qui cachent la forêt des 150 à 200 projets solides susceptibles d’être financés mais qui y parviennent difficilement ou pas du tout, relève Philippe Grand. Il y a finalement très peu de projets qui supportent une levée de fonds du capital risque. » Les entreprises qui ont répondu à notre enquête font partie de ces happy few.
Avances remboursables, CIR, statut de JEI, concours nationaux et régionaux... Les aides ne manquent pas en France pour accompagner la phase de recherche et développement. L’Observatoire ie-club 2005 auprès de 110 entreprises innovantes dans le secteur des TIC, indique que 43% d’entre elles se déclarent satisfaites de l’aide par les organismes publics, avec un large plébiscite pour l’action d’Oseo Anvar.
Une chose est sûre, les JEI, contrairement à une majorité de PME, prennent bien soin de protéger leurs nouveautés. Et elles ont raison. Dans une enquête réalisée au printemps 2005 par Oseo, auprès de 300PME de tous secteurs qui avaient déposé un brevet cinq ans plus tôt, la démonstration a été faite que ces entreprises se développent, recrutent et investissent largement plus qu’une entreprise lambda. Après cinq ans, elles ont dopé leurs ventes de 33% et augmenté leurs effectifs de 46%. De plus, elles n’ont pas baissé la garde. Sur cette même période, leur budget de R&D a flambé de 57% pour grimper de 150000 à 350000euros par an. Selon notre enquête, en moyenne, elles consacrent encore 33% de leur chiffre d’affaires en R&D après cinq ans.
Elles réussissent à l’export
Le potentiel de développement à l’international demeure un des principaux critères de sélection des fonds d’investissement. Quels que soient les moyens (filiales, partenariats ou acquisitions), les JEI doivent dès le départ sortir des frontières. Et ce n’est pas si facile. «Même des très belles références auprès de groupes français ne servent à rien lors de la prospection à l’étranger », prévient Jean-Yves Leclerc, le P-DG d’Ipanema Technologies. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille s’en dispenser. Les commandes des grandes entreprises constituent souvent le plus sûr moyen de décoller. Las, les rapports avec ces grands comptes restent difficiles. Une bonne nouvelle, pourtant : l’Observatoire de l’ie-club 2005 révèlent que 55% des entreprises trouvent que les relations avec les grands comptes se sont améliorées. Mais des freins demeurent : cycle de décision trop long, pression sur les prix, frilosité vis-à-vis de l’innovation et difficulté de s’intégrer dans les processus achats. Face aux entreprises américaines qui bénéficient du Small Business Act pour se positionner sur les marchés publics, les entreprises innovantes européennes qui se développent peuvent être fières de leurs résultats.
AURÉLIE BARBAUX ET JEAN-MICHEL MEYER
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