Selon les estimations rapides de Eurostat publiées aujourd'hui, la zone euro a enregistré au premier trimestre une croissance de 0,7%, soit nettement supérieure aux attentes. Au cours du quatrième trimestre 2007, elle n'avait été que de 0,4%. Sur un an, le PIB de la zone euro a progressé de 2,2% au premier trimestre, stable par rapport au trimestre précédent.
Sans conteste, la croissance allemande est venue doper la zone euro. Le PIB de la première économie européenne a atteint 1,5% après 0,3% au quatrième trimestre 2007, soit le double de ce qu'attendaient les économistes. La France également a annoncé aujourd'hui une performance inattendue à 0,6% au premier trimestre, après 0,3% (révisé). Les investissements des entreprises et des exportations meilleures que prévu semblent expliquer la robustesse de la croissance française.
Ramené aux Vingt-Sept, la croissance augmente également de 0,7% après 0,5% au trimestre précédent. Ces chiffres tranchent avec la faiblesse de la croissance américaine dont le PIB, mesurée à l'aune des critères européens est estimée à 0,2% au premier trimestre.
Un baroud d'honneur
Mais gare aux faux espoirs : les économistes n'y voient qu'un baroud d'honneur avant un deuxième trimestre qui verra le Vieux Continent emporté à son tour dans le sillon du ralentissement économique mondial. Si la zone euro a bien résisté aux turbulences des marchés au premier trimestre, l'euro fort et le ralentissement aux Etats-Unis risque d'engendrer un deuxième trimestre moins flatteur. Les statistiques du premier trimestre le montrent déjà au vu de l'inquiétant fléchissement de la demande des ménages en raison d'une l'inflation élevée. Même si celle-ci a reflué à 3,3% en avril dans la zone euro après un record de 3,6% en mars, elle cristallise toutes les inquiétudes sur le pouvoir d'achat. Et reste bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la BCE.
Carmela Riposa, avec Reuters