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Y’a-t-il une vie après le Lean manufacturing ?

Par THIBAUT DE JAEGHER - Publié le
Thibaut de Jaegher, rédacteur en chef
© DR

Le Lean n'est plus un avantage concurrentiel. Désormais, tout le monde tente d'appliquer -avec plus ou moins de bonheur- cette méthode de production inspirée des pratiques de Toyota.

Le Lean n'est plus un avantage concurrentiel. Désormais, tout le monde tente d'appliquer -avec plus ou moins de bonheur- cette méthode de production inspirée des pratiques de Toyota. Dans l'automobile, c'est un prérequis. Dans l'aéronautique ou l'agro-alimentaire aussi. Quant aux autres secteurs, même s'ils leur restent du chemin à faire, la méthode rythme la vie de la plupart des sites de production. Présentée comme une arme anti-délocalisation, le Lean manufacturing s'est aussi répandue dans les usines du bout du monde. En Chine, les occidentaux ont importé cette méthode et les chinois l'applique avec zèle et efficacité. En Inde, les "Lean room" côtoient dans les usines les autels dédiés aux dieux locaux (Ganesh, Shiva ou Mahomet). Dans les organisations aussi, le Lean est devenu un standard. Dans les services RH, dans les concessions automobiles ou les centres R&D, on forme, on vend et on développe selon les préceptes de cette méthode théorisée en 1989 par Dan Jones et James Womack dans leur livre "The machine that changed the world".

 

Bref, tout le monde fait du Lean ! Et les industriels les plus en pointe dans ce domaine s'interrogent : quelle sera la prochaine méthode discriminante face à mes concurrents ? Il est évidemment impossible d'y répondre aujourd'hui de manière absolue et définitive mais nous pouvons tenter ici d'amorcer la discussion. En analysant, par exemple, les nouvelles contraintes qui s’imposent aux entreprises au-delà du classique triptyque : qualité-coût-délais.
 
Management frugal
 
Trois idées peuvent alimenter notre pensée sur ce nouveau Lean. La première, c’est la notion de rareté. Rareté des matières premières, rareté des ressources énergétiques, rareté de la main d’œuvre parfois et même rareté de l’argent… tout cela fera partie du quotidien d’un nombre croissant d’industriels dans les mois qui viennent. Face à cela, ils ne pourront plus produire comme avant, en masse, sans compter précisément ce qu’ils consomment à tous les niveaux, sans chercher à limiter au maximum l'impact des activités sur la planète. Il permettra sans doute d'amplifier l'économie du recyclage à tous les niveaux (matières, énergie...) et de réduire au strict nécessaire les emprunts sur notre planète. Ce management frugal devra habiter toute l'organisation : des ingénieurs R&D aux forces de vente en passant par les services support.
 
Conception participative
 
La deuxième tendance, c’est celle de la transparence. Cette idée peut paraître a priori  très éloignée des questions d’organisation mais elle va les impacter bien plus qu’on ne le pense. Les entreprises ne pourront plus industrialiser ni développer « tranquille » leurs produits, bien cachés derrière les murs de leurs usines. La montée en puissance des réseaux sociaux ou la suspicion générée par des scandales comme celui du Mediator vont obliger les entreprises à concevoir et industrialiser de manière plus ouverte leurs produits. En résumé : vous savez faire du développement collaboratif, vous allez devoir apprendre à concevoir de manière participative.
 
Production agile
 
Enfin, troisième et dernière tendance : la vitesse. Aujourd’hui tout va beaucoup plus vite. Les avantages acquis ne tiennent que peu de temps et il n’existe plus de rentes. Le rythme de renouvellement des produits ne cesse de s’accélérer et cela change la manière de produire de manière irrémédiable. L’ère de la production de masse n’est pas révolue mais elle devra s’organiser différemment. Les usines XXL, chargées de fournir à tous les pays du globe un seul et même produit, vont disparaître peu à peu. Elles seront remplacées sans doute par de petits ateliers plus flexibles, capables de fabriquer rapidement, sur un modèle CAO, de petites séries. Les prémices de ce modèle peuvent se dénicher sur le web avec des sites comme myfab.com qui propose aux internautes de se grouper pour produire des meubles ou objets design en petites séries. Pour faire face à cette tendance, les usines devront en fait apprendre à devenir agiles.
 
 

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1 réaction

Christophe | 20/07/2011 - 14H26

Article très intéressant.

On se demande néanmoins si le lean manufacturing n'atteint pas ses limites par endroits. Le seuil critique de 8 millions de véhicules franchi a aussi entrainé une campagne record de rappels chez Toyota !

Et petite modification sur la fin de l'article : MyFab est basé sur un prix bas lié à des grosses quantités d'achats (par conteneurs complets). Tout l'inverse de la petite série !

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