Xynthia : «Notre entreprise paye toujours les pots cassés»
Par Barbara Leblanc - Publié le
Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia ravageait les côtes atlantiques françaises, détruisant installations, habitations et entreprises. Un an après les évènements, retour sur ces industries lourdement touchées par la tempête.
« Les victimes les plus nombreuses sont des foyers et des commerces », assure-t-on à la chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux et de la Rochelle.
Pour autant, l’entreprise Plasti-pêche située sur le port de l’Aiguillon-sur-mer continue à payer les dégâts de Xynthia. En février 2010, près de 70 cm d’eau a ravagé le chantier de fabrication de bateaux de pêche, occasionnant 400 000 euros de dégâts. «Tout l’outillage était foutu, tout était à refaire, explique l’épouse du gérant de l’entreprise, contrainte de mettre 60% de ses salariés au chômage technique depuis décembre. Le plus dur, c’est maintenant pour nous ».
En cause ? L’absence de commandes pendant de longs mois. « Il nous faut entre huit mois et un an pour réparer ou fabriquer un bateau, explique Marie Agnès Mandin. Comme les carnets de commande ne se sont pas remplis sur l’année 2010, nous payons les pots cassés depuis janvier, avec un recul de 60% de la production par rapport à une année normale ». L’activité de l’entreprise accuse le coup, avec des retards de trois ou quatre mois dans les livraisons.
« On a tout rasé »
Le groupe d’électronique maritime Pochon à la Rochelle a connu une situation critique surtout dans les mois suivants la tempête. « Nous avons arrêté de travailler pendant deux mois, assure le patron, Alain Pochon. Tous les salariés ont aidé pour nettoyer, réparer et enlever l’eau dans les bâtiments. Puis, on a rasé les 250 m2 et tout reconstruit ». Aucune des agences, même celle située en Guadeloupe, ne pouvait travailler du fait de l’absence d’accès à l’informatique totalement noyée sur le site de la Rochelle. Au total, 1,5 million d’euros de sinistres et de trou dans le chiffre d’affaires.
Indemnisation
Du côté financier, les deux entreprises ont pu s’appuyer sur des « assurances efficaces ». « Malgré tout, comme les dégâts ont été qualifiés de catastrophe naturelle, 10% de la prime d’assurance a été déduite pour alimenter une caisse globale, explique le patron de Pochon. Si bien qu’au final sur un dommage de 1,5 million d’euros, nous avons touché 45 000 euros d’aides, mais avons perdu 150 000 euros ». Chez Plasti-pêche, on explique avoir perdu de l’argent du fait de la vétusté du matériel en place au moment de la tempête. Mais l’entreprise a bénéficié de 15 000 euros du régime des salariés indépendants et de 22 000 euros de dons d’Ouest France solidarité.
Délocaliser ?
Pour prévenir une nouvelle catastrophe naturelle de ce type, l’entreprise Pochon va délocaliser son informatique à Lyon. « Même en cas de problème ici, nos agences pourraient être reliées à l’informatique et continuer de travailler », assure le patron. Il ne cache pas qu’il réfléchit parfois à déménager ses locaux de la Rochelle pour éviter de tels déboires, tout en voulant rester dans la région. « Nos locaux sont trop petits de toute manière, donc nous y réfléchissons, c’est vrai, confie-t-il. Mais avec la crise, le projet a pris du plomb dans l’aile ».
Chez Plasti-pêche, impossible d’imaginer pareille situation. « Nous devons rester sur le port, assure la responsable. Mais dès que nous sommes informés d’une possible tempête, nous montons tout notre matériel en hauteur et comptons sur les digues refaites sur le port ».

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