Xilofrance, dans le Lot-et-Garonne, en difficulté
Par Amandine Ascensio - Publié le
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L'usine Xilofrance, âgée d'à peine un an et demi est sous la coupe d'une procédure de sauvegarde depuis août 2011 et la direction doit mettre en place des mesures de chômage partiel.
Social. « Nous repartons avec 1,4 million d’euros, puisque le tribunal a permis le déblocage des fonds promis par les banques et par les collectivités locales ». Benoît Caron, directeur de l’usine Xilofrance, située à Damazan (Lot-et-Garonne), spécialisée dans la transformation du peuplier et du pin maritime en contreplaqué, souffle un peu.
Son usine qui, lors de son ouverture en 2010, promettait d’être l’un des fleurons de la filière bois, est sous la coupe d’une procédure de sauvegarde, depuis le 12 août dernier, lancée par le tribunal de commerce d’Agen.
Un plan d’aide de 2,1 millions d’euros avait été alors décidé par le tribunal. « Il s’agit d’un accord tripartite, qui faisait intervenir l’actionnariat de l’usine, les collectivités locales, et les banques, à hauteur de 700 000 euros chacun ». Hier, le tribunal a permis le déblocage du financement de la Région et du Département, ainsi que des banques.
« Nous sommes rassurés, c’est vrai, mais j’ai expliqué que tout reste à faire », constate Benoît Caron, conscient des difficultés techniques que rencontre son site de production : « Nos machines sont très pointues, et nos 100 salariés manquent de formation », explique-t-il. A cela s’ajoute, une période de crise, le ralentissement des commandes et une sérieuse concurrence dans le secteur. « A mon sens, il existe aussi un problème de maillage commercial », déclare Marc Maisonnave, secrétaire départemental de la CGT.
Salariés et direction, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut développer un nouveau business-plan pour que l’usine continue de tourner : redémarrer la production, attirer des commandes, et… subir des mesures de chômage partiel, avant un plan de sauvegarde des emplois, qui selon Marc Maisonnave, est inévitable : « Le PSE concernera au moins une cinquantaine de salariés », déplore-t-il. Soit près de la moitié de l’effectif.
De son côté, Benoît Caron a déjà formulé, auprès de la direction régionale du travail, la demande de mise en place du chômage partiel pour l’ensemble des salariés sur un trimestre. « Le tribunal de commerce a confirmé la période d’observation pour 6 mois encore, et la prochaine audience aura lieu le 17 avril ».
A son inauguration, l’usine de 28 000 mètres carrés avait pour objectif de réaliser près de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ironie du sort, Nicolas Sarkozy, venu visiter le site le 30 juin 2011, avait déclaré lors de son discours au sein de l’usine que Xilofrance était « très révélatrice de ce qu’il voulait pour le pays ».

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