Weleda investit dans le Haut-Rhin pour restructurer son activité pharmaceutique

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Weleda - Conditionnement des granules
© D.R. - Weleda

Alors que le tiers de son activité, dédié aux médicaments, est lourdement déficitaire, le groupe de cosmétiques naturels a investi 19 millions d’euros pour améliorer sa productivité dans l’homéopathie.

Dans le hall d’un bâtiment moderne et flambant neuf, un grand mur végétal retient l’attention du visiteur. A Huningue, dans le Haut-Rhin, le groupe pharmaceutique et cosmétique suisse Weleda apporte la dernière touche à d’importants travaux de réaménagement de son site français. Un projet de plus de deux ans qui lui a coûté 19 millions d’euros. Et lui permet aujourd’hui de disposer de nouveaux locaux de production pharmaceutique de 5 800 mètres carrés.

Une production pharmaceutique très manuelle

Son objectif : disposer de flux plus distincts entre la fabrication de médicaments homéopathiques (30% de l’activité du groupe), la cosmétique (70% de l’activité) et la distribution. Mais aussi répondre aux obligations européennes de Bonnes Pratiques Pharmaceutiques. Ici, les process de fabrication sont pourtant très différents des procédés largement automatisés de la pharmacie chimique.

L’arnica, par exemple, une petite fleur jaune cousine de la marguerite, réputée pour ses vertus anti-inflammatoires, est cueillie par des professionnels dans les Hautes Vosges à une soixantaine de kilomètres. Tri, broyage, macération dans un mélange hydro-alcoolique, mise sous presse, filtration, dilution et mélange avec d’autres souches : elle subit ensuite à Huningue tous ces traitements manuels, avant d'être imprégnée à des granules. Ces mêmes granules sont ensuite réparties manuellement dans des gelluliers.

Abandonner des centaines de références de médicaments

En lançant ses travaux en 2009, Weleda France expliquait qu’il souhaitait réaliser des gains de productivité pour "doubler la production d’ici 15 ans afin de suivre l’évolution du marché des médicaments". L’enjeu est de taille pour le groupe: aujourd’hui, l’activité médicament est lourdement déficitaire, reconnaît Patrick Sirdey, le président de Weleda France qui dirige désormais son Conseil de surveillance.

Parmi les 2500 références de médicaments proposés par Weleda, quelques centaines devraient donc disparaître, faute de rentabilité industrielle, en abandonnant certaines présentations. Cette refonte s’avère indispensable avec le ralentissement de l’activité cosmétique enregistré en 2011. Pour la première fois, le groupe Weleda a enregistré l’année dernière de lourdes pertes de 8,3 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires en légère baisse, avec 307,5 millions d’euros.

Gaëlle Fleitour, à Huningue

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