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Wavecom victime de sa démesure

Par Hassan Meddah - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2902

Le fabricant français de modules GSM licencie 35 % de ses effectifs. Il a tenté d'élargir son portefeuille de clients en multipliant les projets hasardeux.

C'est la plus grave crise de son histoire. Après trois années de folle croissance, Wavecom va supprimer 300 emplois sur un effectif total de 860 salariés. L'exercice 2003 restera une année noire pour le fabricant français de modules GSM pour téléphones portables. Sur les neuf premiers mois de l'année, les ventes ont quasiment chuté de moitié et l'entreprise a affiché 21 millions d'euros de pertes, alors même que le marché des portables repartait de plus belle.

« Wavecom est victime d'une gestion mal maîtrisée de sa croissance passée. La société a voulu grossir trop vite sans faire attention aux coûts. Pour réduire sa dépendance vis-à-vis du chinois TCL (son principal client) et élargir sa base de clients, Wavecom s'est trop dispersé avec des livraisons peu significatives en volume. Ce qui a démultiplié ses coûts », estime François Duhen, analyste pour CIC Securities. Sur l'année 2003, plus d'une vingtaine de projets ont été lancés, de manière souvent hasardeuse, notamment avec des fabricants asiatiques de second rang.

Dans le même temps, le fabricant doit faire face à une concurrence de plus en plus agressive de géants des composants comme Texas Instruments ou Analog Devices. En un an, les prix du marché ont chuté en moyenne de 20 %. « Notre offre, basée uniquement sur des modules, n'est plus compétitive en terme de prix sur le marché de la téléphonie mobile. Il faut que nous développions nos propres composants plutôt que de les acheter », reconnaît Michel Alard, président de Wavecom. Les clients sont aussi plus exigeants. « Les asiatiques développent leurs compétences technologiques et cherchent à fabriquer eux-mêmes leurs modules. D'un autre côté, la tendance de l'industrie conduit à intégrer de plus en plus les composants disponibles dans les modules, ce qui explique pourquoi Wavecom devait évoluer vers des "systems on a chip" », explique François Duhen.

Le fabricant français a annoncé ses premiers composants pour le second trimestre. Il faudra toutefois attendre un an pour que son offre soit non seulement complète (radio, bande de base, composants analogiques et de gestion de l'alimentation) mais également compétitive.

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