Wärtsilä solde sa production en France
Le 09 septembre 2004 par DE NOTRE CORRESPONDANT, GILBERT REILHAC | L'Usine Nouvelle n° 2930Vente de l'usine de Mulhouse, cession des moteurs rapides, fin du programme Leclerc : en France, le groupe finlandais se recentre sur le service.
Fin 2004, les derniers moteurs Wärtsilä sortiront de l'ancienne SACM (Société alsacienne de construction mécanique), basée à Mulhouse, dans le Haut-Rhin. Dans la foulée, un industriel « de réputation mondiale », dont le nom est tenu secret (il s'agirait de Mitsubishi), s'installera sur le site pour lancer ses moteurs industriels. Une activité qui pérennisera 72 des 260 postes supprimés par Wärtsilä sur un total de 305 en France. Quant aux moteurs 200 et 220 de Wärtsilä, essentiellement destinés à la production d'énergie, leur technologie a été vendue à l'américain Waukesha Engine (groupe Dresser). Ce spécialiste des installations de distribution et de transport du gaz ne maintiendra à Mulhouse qu'un bureau d'études et de commercialisation de dix personnes.
Wärtsilä aura ainsi réalisé un plan de restructuration annoncé le 10 septembre 2003. Face aux difficultés rencontrées sur le marché de l'énergie, le groupe finlandais décidait de se recentrer sur la marine et de sortir des moteurs rapides (entre 1 200 et 2 400 tours/minute).
Un effectif réduit de moitié
Spécialiste des moteurs semi-rapides, Wärtsilä avait acquis la SACM en 1989 pour couvrir ce segment de marché, puis le germano-italien New Sulzer Diesel, en 1996, pour accéder aux moteurs lents. Mais, l'activité française n'a jamais atteint le seuil de rentabilité. Les moteurs 200/220, développés lors d'une alliance avec l'américain Cummins (1995-1999), ont su résoudre leurs problèmes de jeunesse, mais conservaient « un prix de revient élevé », reconnaît Michel Kohler, le P-DG de Wärtsilä France.
Dans sa nouvelle configuration, cette société ne comptera plus que 450 salariés, contre près de 900 en janvier 2003, une année marquée par l'annonce de deux plans sociaux. De l'activité industrielle, seule subsistera la maintenance. Après la fermeture du site de Seclin (Nord), elle sera concentrée à Mulhouse (240 salariés) pour les moteurs rapides et à Marseille (34 salariés) pour les semi-rapides. Reste le cas de l'usine de Surgères (Charente-Maritime), confrontée à la fin du programme du char Leclerc dont elle fabrique le moteur. « Nous négocions avec l'armée de terre un contrat de maintenance opérationnelle qui devrait assurer la pérennité du site à son niveau actuel », assure Michel Kohler. L'usine a également dans ses cartons un projet pour remotoriser les anciens chars russes, mais qui attend encore ses clients...











