Malgré une première année décevante, le constructeur, sauvé de la liquidation judiciaire en 2002, peut encore croire en son avenir.
Un an après la reprise de la production dans l'usine de Voxan, à Issoire (Puy-de-Dôme), le constat est sans appel. La moto française ne redémarre pas aussi vite qu'escompté. Didier Cazeaux, le repreneur providentiel, espérait des ventes de 800 unités, un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros et même la rentabilité sur son premier exercice. Le bilan, en cours de clôture, est loin du compte. 400 motos ont été écoulées en 2003 et le chiffre d'affaires a plafonné à 2 millions d'euros. Laissant apparaître une perte de 300 000 euros.
Des résultats décevants mais pas catastrophiques. Ces méventes ont des raisons conjoncturelles qui n'ont plus rien à voir avec les problèmes de flux de production et de gestion qui avaient mené le constructeur à la liquidation judiciaire en avril 2002. « Nous avons repris notre activité alors que la saison était déjà entamée. Or, nos concessionnaires sont pour la plupart multimarques, et nos concurrents ne nous ont pas attendus pour occuper la place dans les halls de vente. Sans compter que certains d'entre eux ont liquidé d'anciens modèles non dépollués à des prix cassés, en vue du renforcement des normes », explique Didier Tirard, directeur de l'usine et co-président du directoire.
La baisse de la production a ses bons côtés : elle est mise à profit pour apporter des améliorations dans l'atelier. Un nouveau poste de purge des freins par vide d'air a été mis en place pour un remplissage du circuit de freinage plus rapide et l'élimination totale des bulles d'air résiduelles. Les postes de réglage des jeux de culasse du moteur et de montage des bras oscillants ont également été réaménagés, à la fois pour faciliter ces opérations et pour améliorer la qualité. Ces modifications ont été financées sur les 2,5 millions d'euros que Didier Cazeaux avait réinjectés dans l'entreprise en 2002.
Une clientèle à reconquérir
Voxan vise également une réduction supplémentaire de 10 % de ses coûts, en plus des 30 % de réduction sur les prix d'achats déjà réalisés depuis la mise en liquidation. « Nous voulons être en bonne position pour attaquer l'exportation sans que le surcoût lié au transport soit dissuasif », explique Didier Tirard. Au programme : négociations, mais aussi meilleurs choix techniques pour un assemblage simplifié.
Reste pour le constructeur auvergnat un défi de taille : reconquérir une clientèle échaudée par ses difficultés passées. « Les produits sont toujours appréciés mais il y a un travail de remise en confiance à effectuer. Nous avons nous-même dépensé près de 8 000 euros en promotion et en participation à des salons régionaux. Voxan ne nous a pas encore permis de dégager de bénéfices, mais nous sommes confiants pour l'avenir », confie Jean-Louis Castille, responsable commercial chez Lys Moto, concession basée à Lys-lès-Lannoy (Nord). Voxan a reconduit son objectif 2003 (800 motos) cette année, pour un chiffre d'affaires de 7 millions d'euros.









