VOUS AVEZ DIT REPRISE ?
Par PAR GUILLAUME LECOMPTE-BOINET - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3261Dans notre enquête exclusive de conjoncture, les sous-traitants ont pris acte du bon cru 2011. Mais ils s'inquiètent pour l'année à venir. Et plus que jamais, ils privilégient l'amélioration des process pour réduire leurs coûts.
Mieux que bien. 2011 restera sans aucun doute pour les sous-traitants une excellente année. Elle aura confirmé la reprise d'activité qui s'était amorcée en 2010. La très grande majorité des 269 entreprises (près de 83 %) que nous avons sondées lors de notre enquête exclusive répondent que leur chiffre d'affaires 2011 sera supérieur à celui de 2010, déjà une année de reprise. Et ils sont près de 70 % à estimer que leur niveau d'activité actuel est « plus soutenu ». Un score qui se tasse légèrement par rapport à 2010, mais encore élevé. Concernant l'état actuel des carnets de commandes, c'est aussi le beau fixe. Nos sondés sont plus de 82 % à le déclarer « satisfaisant ». Cette proportion atteint un record dans le secteur aéronautique - armement, avec 97,8 % de satisfaits, ce qui n'est guère étonnant compte tenu des prévisions de production actuelles chez Airbus et ses grands équipementiers. Le secteur de l'énergie n'est pas en reste avec 85 %. Quant aux sous-traitants de l'automobile, malgré les menaces qui s'amoncellent, ils affichent un score de 81,4 %. Autre point, les plannings de production restent correctement chargés et, fait notable, la proportion d'entreprises estimant que les niveaux actuels des prix de vente sont « corrects » augmente pour la deuxième année consécutive. Même si, il faut le préciser, ces répondants sont largement minoritaires !
Moins de délocalisations
Alors que demander de plus ? Sans doute que cette bonne tendance se poursuive en 2012. Sur ce point, pas de consensus. Les acteurs sont encore une majorité (59,1 %) à anticiper une croissance du volume d'activité pour 2012. Mais l'optimisme est moindre que l'an passé, où notre enquête livrait un score de plus de 80 %. L'orage qui souffle sur l'économie mondiale n'explique pas à lui seul ce reflux. Dans l'automobile, la proportion des sous-traitants prêts à parier sur une nouvelle croissance a reflué. Et dans le secteur du matériel (ferroviaire, naval...), ils ne sont que 43,5 % à prévoir une hausse d'activité. Une fois encore, l'aéronautique est l'un des rares secteurs à demeure très optimiste.
Les problématiques de réduction de coûts restent prégnantes. Notre enquête révèle des changements intéressants. D'abord, les mesures consistant à faire fabriquer dans des pays à bas salaires ou à sous-traiter certaines activités sont de moins en moins privilégiées par nos sondés. Alors qu'ils étaient encore 37,5 % en 2008 à utiliser l'arme de la délocalisation, ils ne sont plus que 4,2 % en 2011 ! Le recours à la sous-traitance subit la même désaffection. Et par un jeu de vases communicants, l'amélioration des procédés atteint près de 95 %. On peut sans doute y voir les effets concrets de la diffusion des méthodes du lean parmi les PME de la sous-traitance... sous l'impulsion de leurs grands donneurs d'ordres.











