Votre assureur devient responsable sécurité
Par ARNAUD DUMAS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3224
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La collaboration avec son assureur Allianz a permis à TMN de maîtriser les risques liés à son activité et de réduire les montants de ses investissements.
C'est le pire cauchemar des assureurs. En raison du fort risque d'incendie, les ateliers de traitement des métaux pâtissent d'un taux de sinistralité record parmi les sites industriels. « Nous sommes confrontés en moyenne à trois gros sinistres par an en France dans cette activité », confie ainsi Yves Trescarte, le directeur de la prévention d'Allianz auprès des PME. À tel point que certaines compagnies d'assurances refusent purement et simplement d'assumer ce risque. Niché au coeur de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime), l'une des communes les plus pourvues en sites Seveso, TMN (Traitement des métaux de Normandie) fait pourtant figure d'exception.
ASSUREUR RASSURÉ
La PME familiale de 17 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec 65 employés, n'a pas connu de sinistres depuis plusieurs années. Et pour cause. Elle a rapidement pris les devants pour sécuriser son activité, en investissant à la fois dans du matériel et dans les équipements de sécurité. Mais aussi en travaillant étroitement avec Allianz, son assureur depuis la création. Pour chaque investissement dans du matériel, celui-ci émet un avis. Il conseille également son client pour l'aménagement de l'usine et sur les améliorations de la sécurité à envisager. Un engagement qui s'avère payant pour la PMI qui investit, en moyenne, 15 % de son chiffre d'affaires tous les ans pour développer et moderniser son outil de production. « Notre assureur joue le jeu, lance Johann Lesueur, le président de TMN. Notre prime d'assurance s'élevait à 186 000 euros l'année dernière, mais nous avons bénéficié cette année d'une réduction de 16 000 euros sur quatre ans pour aider à financer de nouveaux équipements. » Cette relation avec son assureur, l'industriel l'a construite sur la durée. D'abord en diversifiant son activité vers des technologies de production moins sensibles.
Un moyen de rassurer Allianz sur les risques pesant sur l'entreprise. « Dès 1986, nous avons commencé à limiter l'utilisation des sels en fusion pour le traitement de surface des métaux, car ils entraînent des risques de brûlures pour les opérateurs. Nous avons donc acheté un four de traitement thermique sous vide, moins risqué », lance Johann Lesueur. Depuis 2008, le jeune dirigeant a pris la succession de son père, le fondateur. Et a poursuivi dans la même veine. En 2009, la PME met en place une ligne de traitement thermique en bains de sels entièrement automatique, qui ne nécessite plus l'intervention d'un opérateur pour plonger les pièces dans les bains. L'année suivante, la PMI investit 500 000 euros dans un moyen de traitement de surface par voie sèche, réalisé dans une salle sous atmosphère contrôlée. Elle supprime ainsi le risque incendie lié aux bains chauffants dans lesquels les pièces sont plongées.
CONSEILS SUR LE NIVEAU D'INVESTISSEMENT
TMN a également travaillé sur son matériel existant avec les experts d'Allianz. Les lignes de traitement de surface par voie humide, où le risque d'incendie est le plus élevé, ont ainsi bénéficié d'équipements spécifiques. La mise en place de sondes dans les cuves permet de couper la ligne de production en cas de baisse de niveau de la solution liquide pour le traitement de surface, principal facteur d'incendie. Des manchettes coupe-feu ont été posées sur les gaines d'aération situées au-dessus des cuves, pour éviter la propagation des flammes. Aujourd'hui, la PMI envisage la mise en place d'un système de détection d'incendie, qui asservirait l'activité du site à un centre de surveillance extérieur. « Nous en sommes au quatrième devis, note Johann Lesueur. Nous soumettons les propositions techniques à la direction de la prévention d'Allianz pour être sûr de ce que l'on achète. » Les devis ne sont toutefois pas uniquement examinés sur le plan technique. « Notre objectif, c'est qu'ils aient le matériel le plus fiable possible, au meilleur coût », affirme Yves Trescarte. Les tarifs des équipements de sécurité sont en effet connus des experts de l'assureur, ce qui lui permet de conseiller son client sur le niveau d'investissement nécessaire.
UNE COLLABORATION VITALE
Enfin, le risque environnemental a également fait l'objet de discussions entre la PMI et sa compagnie d'assurances. En 2000, TMN a ainsi installé une station d'épuration à rejet zéro au sein de son usine. « Depuis, un arrêté préfectoral interdit de rejeter les eaux dans le milieu naturel, constate Johann Lesueur. Sans cet investissement, nous n'aurions donc pas pu nous développer. »
Pour une activité présentant autant de risques potentiels, la collaboration avec l'assureur se révèle donc vitale. « S'ils n'avaient pas pris en compte nos recommandations, nous ne pourrions plus les assurer aujourd'hui », assène Yves Trescarte. L'entreprise aurait peut-être aussi dû mettre la clé sous la porte... La sécurisation des procédés de traitement de surface est en effet regardée à la loupe par les clients de TMN. Soucieux de fiabiliser l'approvisionnement de leurs propres chaînes de production, les clients de la PMI lui demandent désormais de communiquer son plan incendie, son plan de risque, l'existence de lignes de substitution, etc. Autant d'éléments qui ont même conduit Johann Lesueur à recruter un responsable hygiène, sécurité et environnement à temps plein. Et pas en pure perte ! « La maîtrise du risque permet de gagner des points dans la base de fournisseurs de nos donneurs d'ordres », conclut le dirigeant de TMN.
Réduire les risques d'incendies et de pollution. Sécuriser l'approvisionnement de ses clients.
Réduction de la prime d'assurance pour financer les investissements dans des outils de production moins dangereux et dans l'installation d'équipements de sécurité aux endroits les plus risqués. Conseils sur le montant des devis pour réaliser les travaux.
S'ils n'avaient pas pris en compte nos recommandations, nous ne pourrions plus les assurer aujourd'hui.

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