Voter, c'est simple comme un clic
Par CÉCILE MAILLARD - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3232
Le vote électronique se généralise. Une solution fiable, adaptée aux entreprises multisites.
Avant le vote électronique, les bulletins de vote envoyés depuis l'Afrique pouvaient arriver le lendemain du scrutin. Avec des résultats serrés, ça soulevait des discussions sans fin avec les syndicats », note Claude Robin, le DRH d'Entrepose Contracting. Chez ce sous-traitant du pétrole, 40 % des effectifs sont en permanence hors de France, sur des chantiers. « Depuis dix ans, les protocoles électoraux avaient renoncé à inclure les missionnaires dans les élections. » En mai 2010, le DRH étudie les possibilités offertes par l'électronique. « Quand les prestataires ont expliqué le fonctionnement du vote électronique, direction et syndicats ont décidé de ne pas le réserver aux expatriés et de le proposer à tous. »
Autorisé depuis un décret de 2007, le vote électronique aux élections de délégués du personnel et au comité d'entreprise se répand peu à peu. « Les grandes entreprises ont été pionnières. Aujourd'hui, toutes s'y intéressent, quelle que soit leur taille », note Christophe Grand, dirigeant de Neovote, prestataire spécialisé dans l'organisation d'élections. Le principe est simple : les salariés reçoivent, par courrier postal ou électronique, un code d'accès à un site internet. Dès l'ouverture du scrutin et pendant plusieurs jours, ils peuvent y voter depuis n'importe quel ordinateur.
Résultats immédiats
Avantage principal du système : une hausse de la participation, confirmée par de nombreuses entreprises (voir encadré). Autre atout : la logistique est extrêmement allégée. « Plus besoin d'acheminer des urnes et isoloirs, d'imprimer des bulletins, de tenir des bureaux de vote. Les résultats sont immédiats et fiables. Nous n'avons eu aucune contestation », explique Jean Astier de GDF Suez.
Même satisfaction à la SNCF, qui a utilisé une première fois le vote électronique en 2009. « Jusqu'ici, les 161 000 salariés de la SNCF votaient le même jour, ce qui monopolisait un grand nombre de personnes, jusqu'à mettre en péril la circulation des trains », explique Jean-Robert Jaubert, de la DRH de la SNCF. La procédure mobilise moins de salariés et moins de temps. Plus question de passer une nuit entière à dépouiller : les résultats sont connus dès la clôture du scrutin. Qui dit simplification, dit économie. Même s'il faut payer le prestataire. Élire un CE et 4 DP, dans une entreprise de 299 salariés, est facturé 4 400 euros par Neovote.
Il faut toutefois rassurer les salariés sur l'anonymat du vote. « Notre logiciel a été expertisé, et la Cnil veille, précise Christophe Grand. Ni l'entreprise, ni le prestataire, ni les membres du bureau de vote ne peuvent y toucher après l'ouverture du scrutin. » Une fois la confiance gagnée, reste à surmonter un obstacle : certaines organisations syndicales souhaitent conserver la convivialité d'une journée de vote, grand moment de la vie sociale de l'entreprise.
À LA SNCF Mars 2009 : 20 000 électeurs, dans 4 régions SNCF ; taux de participation inchangé. 18-24 mars 2011 : 40 000 électeurs. CHEZ GDF SUEZ Novembre 2010 : 22 000 électeurs ; participation de 70 % chez GDF Suez S.A. (+ 6 points par rapport à 2007). CHEZ ENTREPOSE CONTRACTING Mai et juin 2010 : participation de 90 % chez les employés et techniciens, 74 % chez les cadres (respectivement + 14 et + 18 points).
Dans l'air, un parfum de printemps. Le métro, le RER n'ont pas d'odeur et vous êtes bien insouciante aujourd'hui. Les stations semblent plus gaies, plus lumineuses. Vous n'aviez pas encore remarqué que les carrelages avaient été refaits à neuf. Des stations blanches, un trajet rose... De quoi vous mettre du baume au coeur et le coeur à l'ouvrage. L'usine est toujours là, plus imposante que jamais, plus accueillante aussi. Vos équipes sont au grand complet et la journée ronronne activement. La commande du nouveau client étranger est déjà prête. Vous êtes en train de le convertir à vos produits et à votre fiabilité. Pas d'absents, pas de retardataires, pas de problèmes à régler aujourd'hui... Pour l'instant... Pour un peu, vous vous prendriez pour un G.O. du Club. Le grand patron vous appelle, vous n'avez même pas de pincement au coeur. Vous grimpez l'escalier quatre à quatre, en toute sérénité. Bingo. Vous avez gagné le gros lot. Il a dit « oui » à tout : formation pour un tel, promotion pour une telle, prime et mutation pour un de vos chefs d'équipe qui rêve d'aller voir si l'herbe n'est pas plus verte dans l'usine espagnole. En sortant de son bureau, vous vous pincez. Non, vous ne rêvez pas. C'est votre jour de chance. En redescendant, vous vous tenez bien à la rampe. Ce n'est pas le moment de glisser. Vous devez arriver entière en bas pour annoncer les bonnes nouvelles. Pourun peu, vous vous mettriez à chantonner. Retour à l'atelier. Vous savourez le plaisir de la reconnaissance du travail de votre équipe avant de les faire venir dans votre bureau. Ils deviennent aussi légers que vous et retournent soulagés à leur poste. La cadence augmente sans même qu'ils s'en rendent compte. L'atelier ronronne avec vigueur. La carotte, c'est quand même plus agréable que le bâton. Et si la crise était vraiment finie ? Ce soir, avant de rentrer, vous devriez faire un petit loto.











