Vol AF447 Rio-Paris : les familles accusent Airbus et Air France

Par  - Mis à jour le 11 juillet 2012, à 16h42 - Publié le
Air France AF447
© louisvolant - Flickr - C.C

[ACTUALISÉ] - Les avocats des familles de victimes du vol AF447 ont pris connaissance du rapport final du BEA. Ils évoquent la responsabilité dans l'accident du constructeur aéronautique et de la compagnie aérienne.

Les familles des 228 victimes du vol Rio-Paris, abîmé en mer le 1er juin 2009, sont ressorties amères de la présentation à huis clos au palais de justice de Paris du rapport d'expertise judiciaire de 356 pages sur l'accident, le 10 juillet.

"Il n'y a pas de torts partagés, il y a une responsabilité qui apparaît de plus en plus énorme de l'avionneur, c'est-à-dire Airbus, et également d'Air France", a déclaré Me Alain Jakubowicz, avocat de l'association Entraide et solidarité AF447, suite à la présentation.

"Les quelques points qui pourraient incriminer l'équipage sont la conséquence de cela et non pas la cause", a-t-il estimé.

"Aujourd'hui, on passe un stade clair dans la procédure judiciaire", a estimé pour sa part un autre avocat, Me Sébastien Busy. "On vient nous expliquer clairement l'échelle des responsabilités et en première ligne la conception de l'appareil."

"Les pilotes sont face à un appareil atteint d'un accident vasculaire cérébral qui leur donnait des informations totalement contradictoires qu'ils n'arrivaient pas à analyser et traiter", a-t-il laissé entendre, tablant sur "un procès pénal dans les années à venir". Air France et Airbus ont été mis en examen pour homicide involontaire dans ce dossier en mars 2011.

Sur les causes de la catastrophe, les conclusions du rapport judiciaire détaillent une conjonction de facteurs : des défaillances techniques, des procédures inadaptées, des erreurs humaines et une météo houleuse. Sont évoqués une perte de données due au givrage des sondes Pitot, une procédure inadaptée dans ce cas, mais également une absence de réaction appropriée de l'équipage ou encore un manque de suivi des incidents depuis 2004.

Les familles ont également entendu les conclusions du rapport d'expertise médico-légale. "Les experts considèrent qu'il n'y a pas eu de prise de conscience des victimes", a dit Me Jakubowicz. "Ils sont morts sur le coup, pour l'immense majorité, sinon la totalité, sans avoir conscience de ce qui était en train de se produire. Il n'y a pas eu de panique comme malheureusement on le voit dans certains scénarios de films hollywoodiens."

"Par exemple, l'intensité de la lumière n'a pas diminué -on sait que le noir est anxiogène- personne n'a crié, il n'y a pas eu de cris, de panique et la réponse à ces questions par les experts judiciaires est très importante", a-t-il conclu.

Airbus insiste sur les erreurs de pilotage

Le constructeur aéronautique s'est défendu mercredi contre les critiques des avocats de familles en mettant en avant des erreurs de pilotage. Selon l'avionneur, avant même le givrage des sondes de vitesse Pitot, élément retenu comme déclencheur de l'accident, "la trajectoire choisie par les pilotes était contestable".

L'avionneur rappelle en outre que "la perte des vitesses aurait dû conduire les pilotes à appliquer la procédure sur les vitesses douteuses, qui se traduit notamment pas la déconnexion du directeur de vol".

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