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Vladimir Poutine au chevet d’une industrie automobile en plein marasme

Le 08 mars 2010 par Yann Le Houelleur
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Vladimir Poutine
© D.R.

Le Premier ministre russe a confirmé son intention de promouvoir un plan de sauvetage de cette industrie, en partenariat avec les constructeurs. Cette semaine, le géant national AvtoVAZ, dont Renault détient un quart du capital, devrait révéler son « business plan » pour enrayer des pertes sans précédent.

En Russie, les ventes de voitures neuves ont connu un effondrement vertigineux en 2009. De 2,7 millions d’unités en 2008, c'est seulement d'u1,4 millinités qui s'y sont vendues l’an dernier. Le Premier ministre, Vladimir Poutine, a pris à bras le corps le sauvetage d’un secteur auto en plein marasme. Son intention est de mobiliser entre 24 et 29 milliards d’euros,  avec un financement assuré pour moitié par les constructeurs automobiles basés en Russie et pour autre moitié par les pouvoirs publics. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de «constituer une industrie automobile moderne, incluant toute la chaîne technologique, de la tôle en acier au produit fini.»


Les aides gouvernementales devraient prendre diverses formes : prêts bancaires, subventions pour l’acquisition de voitures, soutien aux équipementiers, etc.

Cette semaine, le principal constructeur auto russe, AvtoVAZ, dont Renault détient le quart du capital depuis 2008, doit annoncer son « business plan » pour sortir la tête de l’eau. En octobre dernier, le Français s’était vu contraint par les autorités de renflouer son partenaire, très mal en point.Renault a fini par céder aux menaces de Poutine qui se proposait de diluer sa participation dans le capital d’AvtoVAZ,  mais en accentuant ses transferts de technologie et de fourniture de machines. Le tout pour un montant de 240 millions d’euros.
Rien que pendant le premier semestre 2009, les ventes du groupe franco-russe  avaient reculé de 46 %. Tout laisse à croire qu’AvtoVAZ ait conçu 400.000 unités en 2008, deux fois moins que l’année précédente. L’objectif est de remonter la pente d’ici 2015 et de produire, cette année-là, 900.000 unités.

Pourtant, le marasme dans lequel l’industrie automobile russe est englué ne rogne pas les ailes d’un optimisme toujours au beau fixe : la Russie, comme tous les grands marchés émergents, présente un potentiel de croissance alléchant pour les investisseurs. A la mi 2008, alors que l’automobile avait encore le vent en poupe, les analystes de PricewaterhouseCoopers prévoyaient que la production de voitures en Russie ne tarderait pas à atteindre au moins 3,6 millions d’unités par année, à moyen terme.

Si les autorités russes ont bon espoir de parvenir à tonifier l’appareil productif dans la filière automobile, c’est parce que la part des importations dans les ventes demeure très importante et qu’il convient donc de rendre les modèles élaborés sur place plus attractifs, favorisant notamment les transferts de technologie grâce aux partenariats avec des firmes étrangères. En juillet 2008,  les marques de véhicules étrangers représentaient encore 75% des ventes.

PSA est aussi présent sur ce rude marché. Il a fondé une coentreprise avec Mitsubishi, dont les bases ont été jetées en 2008, et les premières unités (des tout-terrains de loisirs ainsi que des véhicules moyen de gamme) devraient sortir des usines de montage en 2011.

Yann Le Houelleur


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