Viviane Reding en guerre pour des quotas de femmes dans les entreprises européennes

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Homme femme rapport travail
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La Commissaire européenne à  la justice est bien décidée à inscrire dans une directive, l’obligation de quota de femmes dans les conseils d’administration. La France qui a devancé l’appel est une preuve que la politique des quotas est efficace.

"Je suis en politique depuis 1979, je n’ai jamais vu une bataille aussi terrible mais à la fin, je vous préviens,  nous allons gagner cette guerre." L’amazone qui apostrophe une salle plutôt conquise au Women’s forum de Deauville le jeudi 11 octobre, c’est Viviane Reding, commissaire à la justice et n°2  de la Commission européenne. Elle travaille à  l’inscription dans la loi européenne d’une obligation de quota de femmes dans les conseils d’administration des entreprises européennes, avec sanctions à la clé. Et se heurte à de farouches oppositions. 

"Moi non plus, je n’aime pas les quotas mais j’aime ce que provoque les quotas". Elle estime que l’autorégulation qu’elle avait acceptée dans un premier temps est un échec. "En deux ans au niveau européen, les progrès sont si faibles qu’ils nous amènent à l’égalité dans quarante ans."

La France est pour elle, le cas qui prouve que la politique des quotas fonctionne. Depuis la loi Copé-Zimmerman de janvier 2011, les entreprises cotées d’au moins 500 salariés sont soumises à un quota de 40 % de femmes dans leurs conseils d’administration à horizon 2017. "En France, la part des femmes dans les conseils des plus grand groupes est passé de 12 à 22 % en un an", martèle Viviane Reding.  Au-delà d’un enjeu social d’égalité, c’est d’abord pour elle un impératif économique, le Vieux Continent est vieillissant, il ne  peut se passer de ses  femmes diplômées pour faire tourner ses entreprises. Il ne s’agit pas en effet d’imposer des femmes, mais des femmes à compétences égales.

L’attitude de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne lui semble préoccupante explique-t-elle en saluant les efforts de "certaines entreprises allemandes, comme la Deutsche Bank ou Bertelsmann".  Elle ne trouve que des mauvaises excuses au PDG qui lui expliquent qu’ils ne trouvent pas de femmes avec de bons profils. "Je suis aidée par les business school qui ont dressé une liste de femmes parfaitement compétentes pour intégrer des conseils". Partie de 3 500, la liste compte désormais 8 000 noms. En réalité Viviane Reding pense que "les vieux réseaux d’hommes ne veulent pas être perturbés". L’intérêt des femmes dans les conseils est qu’elles n’hésitent pas à poser des questions et se poser des questions permet souvent d’éviter de faire des bêtises.

Part des femmes dans les plus grandes entreprises cotées selon les pays
Des bons élèves
Norvège : 42 %  *
Finlande : 27,1 %
Lettonie : 25,9 %
Suède : 25,2 %
Islande : 25 % *
France : 22,3 %

Des élèves moyens
Pays-Bas : 18,5 %
Danemark : 16,1 %
Allemagne : 15,6 %
Grande Bretagne : 15,6 %

Des mauvais élèves
Espagne : 11,5 %
Autriche : 11,2 %
Belgique : 10, 7 %
Irlande : 8,7 %
Italie : 6,1 %

*Pays hors UE

 

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