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Vivendi dans de beaux draps au Brésil

Par Yann Le Houelleur - Publié le
Le siège de GVT se trouve à Curitiba, dans le Sud du Brésil
Le siège de GVT se trouve à Curitiba, dans le Sud du Brésil

Selon la presse brésilienne, plus particulièrement le journal «Valor», le groupe français aurait commis des fraudes lors de l’acquisition de l’opérateur GVT en novembre 2009. Si ces soupçons se confirmaient, Vivendi pourrait se voir infliger une amende très salée.

Le géant français de la communication, dont les investissements vont des jeux vidéo aux télécoms en passant par la musique et la télévision, a fait «la une» de la presse économique au Brésil. A la suite de l’acquisition de l’opérateur GVT, en novembre 2009, le groupe Vivendi est désormais dans le collimateur d’un département de laCommission des valeurs boursières, à São Paulo, la CVM. (Le département en question est, en fait, la direction des Sanctions.)

C’est le quotidien Valor qui a obtenu ces informations. Il en maintient la teneur malgré un communiqué publiés par la CVM, en milieu de semaine, selon lequel «il n’est pas possible de qualifier de frauduleux cette acquisition».
Le quotidien brésilien a découvert que GVT aurait profité de brèches dans la législation brésilienne lors d’une telle opération, et qu’il n’en aurait pas informé les marchés à temps. Au cas où de tels soupçons seraient confirmés, Vivendi s’expose à une amende qui pourrait correspondre à la moitié de la somme que le groupe français avait versée en novembre. La transaction s’était élevée à 2,8 milliards d’euros.

Dernier épisode en date dans ce «scandale Vivendi au Brésil»: le jeudi 10 juin, le président d’Anatel, l’Agence nationale des télécommunications, a déclaré que son administration n’avait pas été informée au sujet de telles fraudes. Or, l’Anatel était en train de se pencher sur l’acquisition ainsi faite en novembre, en vue de la décision que doit rendre prochainement le Conseil administratif de Défense économique (l’autorité, au Brésil, chargée de veiller à la libre concurrence).

En s’offrant GVT, à la barbe de Telefonica qui convoitait cette pépite, Vivendi a fait une entrée spectaculaire sur le marché des télécoms brésiliens, en pleine croissance. Les besoins en haut débit sont encore énormes dans ce pays. GVT, dont le siège se trouve à Curitiba, est précisément spécialisé dans le haut débit, notamment les services aux entreprises. A la fin de l'année dernière, il détenait 4 % du marché.

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