Vinci et Areva déplorent l’enlèvement de cinq expatriés au Niger
Par Yann Le Houelleur - Publié le
Ces salariés font partie des sept personnes enlevées au matin du 16 septembre 2010 dans la région, réputée périlleuse, d’Arlit. Areva exploite sur place deux mines d’uranium et il fait appel à Vinci pour des opérations de terrassement. En 2008, quatre techniciens du groupe nucléaire avaient déjà été pris en otage au Niger.
Un groupe armé, dont les membres s’exprimaient en arabe et dans une langue propre aux populations locales de touaregs, a enlevé sept ressortissants étrangers, dans le Nord du Niger. Parmi eux : quatre collaborateurs de Sogea Satom, une filiale de Vinci, et un du groupe Areva. Ce drame est survenu le jeudi 16 septembre, à Arlit, à 1000 km. au nord de Niamey, la capitale nigérienne. Pour des raisons aisément compréhensibles, ni la nationalité de ces expatriés ni leurs fonctions - et encore moins leur nom - n’a été communiquée à la presse.
Areva exploite deux mines d’uranium dans cette région et il fait appel aux compétences de Sogea Satom à des fins de terrassement. Le Niger est un pays-clef pour le champion mondial du nucléaire, en raison de ses prodigieuses réserves d’uranium : 2.500 personnes, dont 50 expatriées, sont à son service. Plus d’un tiers des quelque 8600 tonnes d’uranium extraits pour le compte d’Areva dans le monde en 2009 provenaient en réalité du Niger. La président du groupe, Anne Lauvergeon, y avait inauguré en 2008 la mine d’uranium la plus importante de toute l’Afrique.
Frontière poreuse avec l’Algérie et le Mali
Or, la région d’Arlit est réputée instable à cause de la porosité de la frontière entre le Niger et l’Algérie d’une part, et le Niger et le Mali d’autre part.
En juin 2008, quatre techniciens d'Areva avaient été enlevés par des rebelles touaregs du MNJ dans cette même région avant d'être relâchés en bonne santé. Ils avaient été libérés le 26 juin, remis initialement aux Comité international de laCroix Rouge. Le MNJ est le sigle du Mouvement des Nigériens pour la Justice, qui prône une meilleure répartition des richesses naturelles du pays, parmi lesquelles l'uranium et le pétrole.
Le groupe nucléaire français avait déclaré fin juillet 2010 limiter au strict nécessaire les déplacements de son personnel au Niger. Ce renforcement des mesures de sécurité était survenu au lendemain de l’exécution, le 26 juillet, d’un Français de 78 ans, Michel Germaneau, otage pendant de longs mois de l’organisation Al Quaïda au Maghreb. Celui-ci, toutefois, n’avait rien à voir avec Areva : ancien électronicien, il donnait de son temps à une association d’aide au Niger.

dans la même rubrique
27/05/2012 Comment l'Ukraine sortira-t-elle de l'Euro ?27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy
27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts












