Vienne : l’usine de Montupet en cessation de paiement ?
Par Amandine Ascensio - Publié le
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Montupet : le dossier passe à Matignon Les salariés de Montupet en grève une semaine de plus Montupet : le conflit s’enlise, les politiques se suivent Les salariés de Montupet se mettent en grèveLundi 17 octobre se tiendra un comité d’entreprise extraordinaire (CCE) durant lequel Montupet annoncera probablement la mise en cessation de paiement de son usine d’Ingrandes-sur-Vienne (Vienne), la Fonderie Alu.
Cette réunion aurait du se tenir ce jeudi 13 octobre, suite à une convocation lancée aux syndicats par la direction du groupe Montupet. "La réunion n’a pas eu lieu parce que notre préfet, courageux, refuse de voir se perdre des emplois, et a annulé cette cession extraordinaire", explique Pascal Briand, secrétaire général CGT de l’Union départementale de la Vienne.
Allégation immédiatement démentie par la Préfecture de la Vienne : "un comité d’entreprise est une affaire qui ne relève pas des autorités publiques, et n’a pas à se dérouler dans des locaux d’Etat", indique Stéphane Jarlégand, directeur de cabinet du préfet de la Vienne. Il ajoute : "le groupe prend la direction d’une mise en cessation de paiement. C’est donc au tribunal de commerce d’arbitrer".
Pour l’heure, les représentants syndicaux, qui ont déposé un dossier sur le bureau d’Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, attendent une réaction des pouvoirs publics. "Nous avons demandé un plan de continuité, avec des aides de l’Etat, puisque les comptes sont équilibrés et le carnet de commandes de Renault existe" mais surtout parce que "l’argent public provient de notre force de travail". Pourtant, les syndicats se disent conscients qu’un redressement judiciaire avec procédure de reprise "arrangera les politiques" qui n’auraient plus à prendre parti.
400 millions d'euros
Le 4 octobre, le ministre avait prononcé un discours à l’Assemblée nationale insistant sur le chiffre d’affaires de Montupet de "400 millions d’euros" et expliquant que ce leader mondial "des joints de culasse doit assumer ses responsabilités". Eric Besson avait aussi ajouté avoir demandé "au groupe Renault qui s’approvisionne pour 70 % à peu près chez Montupet, d’inviter son fournisseur à davantage de responsabilité". Aujourd’hui, au cabinet ministériel, on se refuse à tout commentaire "concernant les discussions en cours".
Les salariés de Montupet ont entamé leur septième semaine de grève consécutive. Sur un total de 480, seule une trentaine de personnes n'est pas gréviste. "Elles vont travailler dans un bus, affrété par la Fonderie du Poitou Alu, sous l’escorte de la gendarmerie", raconte Pascal Briand, en insistant que leur détermination reste intacte : "nous ne voulons pas que nos emplois soient délocalisés en Bulgarie pour 2,82 euros de l’heure".
La fiche Fonderie du Poitou Aluminium à Ingrandes-sur-Vienne
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