Vers une reconduction des quotas de l’Opep

Le 16 mars 2010 par Daniel Krajka
HE Ali I Naimi

Pourquoi remettre en cause une politique qui a conduit le cours du baril a un niveau idéal.

« Nous sommes extrêmement heureux de l'état du marché », déclarait le 15 mars Ali bin Ibrahim al-Naimi, le puissant ministre saoudien du Pétrole. Premier producteur de l’Opep, l’Arabie Saoudite a toujours été attentive à la bonne santé de l’économie mondiale. Tombé à 32 dollars en décembre 2008, le cours du baril de WTI culminait à 83,16 dollars le 12 mars, avant de retomber vers les 80 dollars, suite à la décision prise par le cartel en janvier 2009 de réduire de 2 millions de barils sa production quotidienne. 

Depuis une dizaine de mois la cotation du baril s’est inscrite la plupart du temps entre 70 et 80 dollars, un niveau permettant à la fois aux pays producteurs de boucler leurs budgets, aux entreprises de continuer à investir et à la reprise de ne pas être étouffée. Pour une fois, les faucons du cartel, l’Iran et le Vénézuela, par la voix de leurs ministres, Masoud Mirkazemi et Rafael Ramirez sont en accord avec Ali Naimi, affirmant que « l'Opep ne devrait pas décider de changer sa production ». Ironie de la situation, ce sont les modérés du cartel, comme l’Arabie Saoudite – qui ne dépasse que de 100 000 barils son quotas de production quotidien –,  qui respectent leurs engagements, alors que l’Iran – qui dépasse son allocation de 400 000 barils – le Venezuela ou le Nigeria produisent à un rythme supérieur de 50% à leurs quotas.

Cette situation pourrait se détériorer dès que l’Irak aura commencé à réaliser le programme de développement de son industrie pétrolière. Exempté de quotas en raison de sa difficile situation économique, il vient de signer des contrats avec des compagnies pétrolières qui devraient en faire l’un des exportateurs majeurs d’hydrocarbures. Une augmentation en perspective de l’offre qui pourrait submerger une demande, qui n’est plus tirée que par les besoins des pays émergents.

Les réserves commerciales de pétrole ont certes baissé de 65 à 58 jours, mais elles ne sont pas encore retombées à leur moyenne des dernières années, 53 à 55 jours. Si les fondamentaux du marché du pétrole sont encore relativement faible à court terme, ils devraient se renforcer à plus long terme, estime le directeur exécutif de Royal Dutch Schell, Peter Voser. Selon Costanza Jacazio:de Barclays Research, la croissance de la demande chinoise en 2010 pourrait bien dépasser les 570 000 barils/jour qu’elle pronostique. Michael Wittner, de la Société Générale, attend une baisse des stocks à 55 jours au cours du deuxième semestre, provoquée par une hausse de la demande de 1,6 million de barils/jour, quasi exclusivement en provenance des pays émergents. Ce qui permet à l’analyste de tabler sur un cours moyen du WTI en 2010 de 85,80 dollars.

 


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