Vers une forte hausse des prix
Le 11 mars 2010 par Daniel Krajka | L'Usine Nouvelle n° 3183Les mineurs ont remporté un premier round face aux sidérurgistes en imposant une hausse de 55 % du prix du charbon métallurgique. Plus important, BHP-Billiton a obligé les sidérurgistes japonais à renoncer provisoirement à la fixation d'un prix de référence annuel en ne signant que pour un trimestre. De plus, indique Colin Hamilton, de Macquarie Research, le niveau du contrat trimestriel est proche du prix spot en cours (215 dollars par tonne fob). En 2008, le prix « contractuel » était en retrait de 50 dollars sur le marché spot.
La fin programmée des prix de référence annuels pourrait s'étendre au minerai de fer. Acceptant un contrat annuel à un niveau sensiblement inférieur au prix spot durant les périodes haussières, les mineurs ont eu la mauvaise surprise de voir leurs contrats remis en cause ou annulés lors de l'effondrement des prix spots, fin 2008. « Nos clients devront accepter un système de prix différent pour tenir compte des évolutions d'un marché spot devenu très important », affirmait récemment Jose Carlos Martins, le responsable de la branche minerai de fer du brésilien Vale.
Utilisé à l'origine par les petits et moyens aciéristes chinois, le marché spot a pris de l'ampleur ces dernières années. Tiré par les besoins chinois, le prix spot de la tonne cfr du minerai indien a brutalement rebondi mi-2009 pour atteindre 137 dollars. Le double du prix du contrat signé l'an dernier et sur lequel s'appuient les mineurs pour exiger une hausse estimée à 80 %.
Malgré un rebond des prix de l'acier, cette hausse serait « impossible à digérer par les aciéristes », a prévenu Deng Qilin, le président de Wuhan Iron et Steel et de la Fédération chinoise du fer et de l'acier. Le taux de profit des 72 sidérurgistes majeurs du pays a chuté de 53,4 % en 2008 à 2,2 % en 2009. Si les prix du minerai se calent sur ceux du marché spot, ils deviendront « otages du marché chinois », souligne Colin Hamilton. Estimant à 170 dollars la hausse attendue des coûts des intrants, l'analyste juge difficile son transfert vers les acheteurs d'acier. Le nouveau système obligerait les sidérurgistes à des révisions trimestrielles de leurs prix, même pour leurs principaux débouchés comme l'automobile.











