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Vers un nouveau record de consommation électrique en France

Par Ludovic Dupin - Publié le
Lignes électriques
© Naama - Flickr - C.C.

A partir de ce jeudi 2 février, 19h00, jusqu'à mardi 7 février, 20h00, la France va peut-être atteindre des sommets de demandes électriques. Avec des températures inférieures d'une dizaine de degrés aux normales saisonnières, la consommation d'électricité va atteindre des pointes inédites dans l'Hexagone.

Le dernier record de consommation en France date du 15 décembre 2010 avec une puissance appelée de 96 710 MW. En 2011, le pic a été atteint en janvier avec 91 720 MW.

L'hiver 2011-2012, jusqu'à alors doux, n'a pas créé de tensions sur les réseaux électriques. Une bonne nouvelle alors que beaucoup craignent une faiblesse de la "plaque de cuivre ouest européenne", suite à l'arrêt de huit réacteurs nucléaires en Allemagne.

Pour l'heure, la filiale d'EDF, Réseau de transport électrique (RTE), prévoit pour ce jeudi soir, 19h00, une pointe de consommation à  95 500 MW. Une valeur que l'on peut imaginer sous-évaluée puisque depuis ce matin la consommation française dépasse les prévisions. Et d'ici à mardi, le record pourrait se rapprocher d'une consommation flirtant avec les 100 000 MW.

Le phénomène de pointe est un phénomène commun à tous les pays. Partout en Europe, il débute à 18h00 et s'achève à 20h00. Il correspond aux retours des salariés chez eux alors qu'ils allument télévisions, machines à laver, fours… Mais dans l'Hexagone, la pointe est accentuée par la prédominance du chauffage électrique.

Le recours aux centrales d'extrême pointe

L'équipement des foyers français avec des convecteurs, au détriment du chauffage à gaz, a été encouragé dès les années 1970 afin d'accompagner le développement du parc nucléaire. Ce suréquipement a pour conséquence d'entrainer une surconsommation de 2 300 MW par degré de moins par rapport aux normales saisonnières. En Allemagne, plus portée sur le chauffage à gaz, cette surconsommation se limite à 500 MW par degré perdu.

Le nucléaire n'est pas adapté aux changements brutaux de production. Ces pics doivent donc être absorbés en allumant des « centrales d'extrême pointe », du type centrales à fioul et turbines à combustion au gaz. Ces centrales ne fonctionnent que quelques dizaines d'heures par an et sont très émettrices de CO2.

Ce sont dans ces périodes extrêmes que la France, largement exportatrice d'électricité toute l'année, devient importatrice nette, en particulier en provenance d'Allemagne.

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