Vers la fin de l'exception énergétique américaine
Le 11 septembre 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle
Quel que soit le vainqueur de la prochaine élection présidentielle, les Etats-Unis devraient mettre en place une politique énergétique plus économe et plus verte.
« C'est la politique énergétique, crétin », affirme la dernière étude de Barclays Capital sur les programmes électoraux des deux candidats à l'élection présidentielle aux Etats-Unis. Pour la première fois depuis les années 1970 la question énergétique se trouve au centre du débat électoral, relèvent Amrita Sen et Nicholas Snowdon, deux analystes de la banque britannique. Malgré le système de contre-pouvoirs, qui régit le système politique américain, qui limitera l'implantation de leurs programmes, il est primordial de comparer ceux-ci, soulignent les deux analystes.Tant pour Barack Obama que pour John McCain l'expansion de la production locale de pétrole et de gaz est un élément clef de « l'indépendance énergétique du pays ». Si McCain est partisan de la libéralisation des forages aux Etats-Unis, Obama, plus prudent, estime que les « Etats-Unis ne pourront assurer leur indépendance énergétique » par une politique de forage tout azimut.
Pour Kyoto et le nucléaire
Rompant avec l'indifférence écologique des autorités actuelles, les deux candidats promeuvent une « Amérique verte », tablant sur le développement des énergies renouvelables. Toutefois, McCain, critiquant l'utilisation du maïs pour les carburants, table sur les biofuels de 2e génération. Une position critique difficile à défendre pour le sénateur de l'Illinois qui avait voté des crédits en faveur de l'éthanol à base de maïs.
Contrairement à leur prédécesseur qui avait refusé de ratifier les accords de Kyoto, les deux candidats défendent une politique plus verte et plus propre, avec une réduction graduelle des émissions et une sensible diminution des pertes engendrées par un réseau de distribution de l'énergie obsolète. Ils soutiennent tous deux le redéveloppement de l'industrie nucléaire, McCain proposant de construire 45 centrales d'ici à 2030 et à terme une centaine de nouveaux sites. Par une politique d'aide à la construction d'immeubles à énergie passive sans émission Obama compte diminuer de 15% la consommation d'énergie prévue en 2020. L'utilisation « propre » du charbon n'est pas oubliée, McCain prévoit une aide annuelle de 2 milliards de dollars et Obama compte développer des centrales avec capture et séquestration du carbone.
McCain et plus encore Obama, suivant les programmes de leurs partis politiques respectifs, dénoncent la spéculation, responsable de l'envol des cours du brut. Ils comptent implémenter une réglementation plus sévère pour réduire la volatilité des cours. Les Démocrates interdiraient aux investisseurs institutionnels d'investir sur les marchés de l'énergie, les Républicains se contentant de pénaliser plus fortement les manipulations spéculatives.
Une taxe sur les pétroliers ?
A court terme Obama promet de taxer les profits exceptionnels des compagnies pétrolières et de redistribuer les sommes récupérées aux Américains, entre 500 et 1 000 dollars par foyer. Une politique, qui selon McCain, pourrait augmenter la dépendance du pays à l'égard de l'énergie d'origine étrangère en décourageant les nouveaux investissements.
Les politiques énergétiques des deux candidats devraient se révéler très proches, concluent Sen et Snowdon, qui estiment que, quelle que soit l'issue des élections, les Etats-Unis devraient inaugurer une nouvelle politique énergétique moins gaspilleuse et plus soucieuse d'environnement. Les américains ne devraient bientôt plus consommer deux fois plus d'énergie que les autres habitants des pays industrialisés.
Daniel Krajka

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