Vergnet redéploie ses forces
Par DE NOTRE CORRESPONDANT, JEAN-CHRISTOPHE SAVATTIER - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3059Pour s'imposer sur de nouveaux marchés, le fabricant orléanais d'éoliennes et de pompes hydrauliques renforce ses équipes, revoit son outil industriel et ouvre son capital au public.
Vergnet, le fabricant orléanais de pompes hydrauliques et d'éoliennes de moyenne puissance fondé en 1988 par Marc Vergnet se prépare à la fois à entrer en Bourse (Alternext) à la mi-juin et engage un programme d'investissement de 10 millions d'euros. Ces grandes manoeuvres préparent la percée escomptée de l'entreprise sur ses marchés de prédilection : les zones tropicales cycloniques ou difficiles d'accès. Son principal atout ? « Nos ma-chines bipales de moyenne puissance (275 kilowatts), escamotables en cas de cyclone, sont adaptées à ces zones et aux réseaux de moins de 10 000 mé-gawatts », explique Marc Vergnet. Le passage du cyclone Erica sur la Nouvelle-Calédonie en 2003 a contribué à la réputation de ces machines. Les aérogénérateurs Vergnet, rabaissés et sanglés, en étaient sortis indemnes tandis que des éoliennes fixes tripales de même puissance avaient volé en éclats...
Devenir indélogeable
Ce marché dit du Farwind, par opposition au Northwind (le marché des grands réseaux des pays industrialisés et des machines d'une puissance unitaire de 2 à 3 mégawatts), connaît une très forte croissance et n'intéresse pas encore les grands opérateurs de l'éolien. « Nous avons une fenêtre stratégique qui s'ouvre devant nous pour trois à quatre ans. Nous devons profiter de cette opportunité pour prendre des positions fortes... et devenir indélogeables », commente Marc Vergnet qui estime ce marché à « environ 2 000 mé-gawatts ».
Afin de jouer cette carte, Vergnet qui compte quadrupler son chiffre d'affaires (40 millions d'euros attendus en 2007 pour environ 170 collaborateurs) d'ici à 2010 rénove son outil industriel qui doit assurer le lancement commercial en 2008 d'une machine à haute puissance de 1 mégawatt. L'entreprise est en passe d'achever le regroupement et l'ex- tension de ses activités, sur Ormes-Saran (Loiret), dans les locaux de l'ex-usine Mori-Seiki (4 000 mètres carrés). Dans la foulée, Vergnet va aussi lancer une extension de 6 000 mètres carrés d'Aerocomposit Occitane (ACO, une quinzaine de salariés), sa filiale basée à Béziers (Hérault), qui conçoit et fabrique des pales par infusion sous vide. Ces préparatifs industriels vont être complétés par le renforcement sur le terrain des équipes techniques, commerciales et de la main-tenance. Environ trente colla-borateurs vont être recrutés en 2007.
Naturellement, ce programme ambitieux doit être financé. « Jusqu'alors, nous comptions sur nos propres ressources et sur celles des investisseurs entrés dans notre capital (Demeter, Sofimac Partners, Centre Capital Développement), indique Marc Vergnet. Nous n'avons pas au-jourd'hui d'autre choix que de faire appel à la Bourse. » Avec des actions proposées à 12,90 euros (contre 2,90 il y a un an !), le P-DG compte lever près de 20 millions d'euros... et rêve de développement tous azimuts, en associant l'éolien à des technologies hydrauliques ou à des sites de dessalement d'eau de mer. Vergnet a ainsi répondu à un important appel d'offres au Maroc lancé par l'Office national d'eau potable (Onep) pour l'équipement d'une telle unité. .

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