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Veolia-Transdev : la désillusion au bout du mariage

Le 06 décembre 2011 par Olivier Cognasse
Bus Transdev
© D.R.

  Le patron de Veolia Environnement a annoncé, ce mardi 6 décembre, la cession d'ici à deux ans des activités transport de son groupe. Neuf mois après la fusion avec Transdev, cette décision a de quoi surprendre.

Le 3 mars dernier, Antoine Frérot, le Pdg de Veolia et Jérôme Gallot, le tout nouveau directeur général de la filiale transport annonçaient la fusion de Veolia Transport et de Transdev. Et tout le monde applaudissait la création d'un géant français du transport public qui réalise un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros.

Le capital est détenu à parts égales par Veolia Environnement et la Caisse des dépôts (CDC). Malgré quelques déboires sur le sol français avec des autorités organisatrices habituées à Transdev et réticentes envers le nouvel opérateur, il avait enregistré quelques succès comme récemment à New-York (réseau de bus de Long Island) et au Chili (Réseaux de bus à Santiago). Et il lance Thelo le premier opérateur de chemins de fer privé sur le sol français avec l'italien Trenitalia. Le 11 décembre prochain, circulera le premier Paris-Venise…

En 2010, la Ratp avait dû céder ses parts (25,6 %) dans Transdev en échange de 340 millions d'actifs en France, en Suisse, en Italie et au Royaume-Uni. Une bonne opération pour la régie. Selon un proche du dossier, "c'était plutôt l'occasion de clarifier, pour Transdev ancienne formule, et la RATP, une situation qui était figée et de récupérer des actifs plutôt que des finances". Sous la double pression du patron de Veolia, Henri Proglio et de son ami Nicolas Sarkozy, l'ancienne Compagnie générale des eaux avait hérité de cette société au détriment de Keolis.

Aujourd'hui, Antoine Frérot annonce : "nous avons décidé de rechercher de nouveaux actionnaires pour l'activité transport. Elle présente en effet moins de synergie avec nos autres activités et nécessite d'y consacrer d'importants moyens financiers. Veolia n'est pas le mieux placé pour assurer le développement de Veolia Transdev". Quel constat d'échec ! Et de proposer une solution dans les deux ans à venir.

"L'activité transport peut intéresser les partenaires actuels mais aussi des investisseurs financiers ou industriels. Les premiers contacts ont déjà été pris mais rien n'est fait. (…) L'allègement de Veolia Transdev se fera soit par une vente, soit par dilution d'actions". Une telle décision, neuf mois après la fusion permet de se poser quelques questions ?

Est-ce que cette opération était seulement destinée à rendre la mariée plus belle, afin de la vendre plus facilement ? Aujourd'hui, alors que la France est souvent montrée du doigt par Bruxelles pour la fermeture de son marché, n'est-ce pas l'occasion d'ouvrir le capital à un partenaire étranger.

Et on ne peut s'empêcher de penser à la grande rivale de la SNCF, la Deutsche Bahn, l'un des rares opérateurs à avoir les moyens financiers en Europe ou à des groupes asiatiques comme MTR. Certains spécialistes du secteur évoquent des groupes puissants comme Vinci. Mais on ne peut pas écarter Keolis et la RATP d'un éventuel tour de table. Pierre Mongin, le patron de la régie qui rêvait à l'époque de prendre les manettes de Transdev, n'a peut-être pas renoncé…

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