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L'Usine Maroc

Veolia cède son eau au Maroc au fonds d'investissement Actis

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La vente par Veolia de ses activités portées par les sociétés Redal et Amendis au Maroc doit lui rapporter 370 millions d'euros. Cette cession marque un retrait majeur du groupe français dans le royaume.

Veolia cède son eau au Maroc au fonds d'investissement Actis

Multi services

Veolia Environnement a réalisé 400 millions d’euros de chiffre d'affaires au Maroc en 2010 avec 4 000 salariés.  Et avant, ses différents désengagements se présentaient comme l'un des premiers donneurs d'ordre du pays avec 90 millions d’achats par an. Le groupe présent jusqu’ici à la fois dans l’eau, les déchets et le transport alimentait 3,4 millions de personnes en eau potable, en desservait 3,5 millions en électricité et 2,9 millions en services d’assainissement.

C'est officiel, Veolia Eau se désengage du Maroc. La holding Veolia Services à l'Environnement Maroc cède en effet au fonds d’investissement Actis basé à Londres ses activités de services de l'eau, des eaux usées et d'électricité, selon un communiqué du vendredi 8 mars.

Le groupe français était présent via ces importants contrats de gestion délégués au Maroc depuis 2002. Sur cette base, il opère dans la distribution de l'eau et de l'électricité et la gestion de l'assainissement grâce à ses filiales Amendis, installées à Tanger et Tétouan et Redal à Rabat-Salé. Ces activités représentent notamment 3,4 millions de clients en eau potable. Pour mémoire, son concurrent Suez environnement est gestionnaire de l’eau et de l'électricité à Casablanca (Lydec).

Des activités marocaines pas assez rentables

Le montant de la transaction annoncé par Veolia est de 370 millions d’euros. Cette opération participera au programme de désendettement du groupe à hauteur d’environ 88 millions d’euros en 2013.

Soumis à l’obtention d'un accord formel des autorités de tutelles marocaines, ce désengagement s’inscrit, selon Veolia, dans le cadre du recentrage géographique et de sa "stratégie de développement sur des offres et activités à plus forte valeur ajoutée". En clair, les activités marocaines n’étaient pas assez rentables pour le groupe français qui traverse depuis plusieurs années une passe difficile même s'il est sorti du rouge en 2012 avec un bénéfice net de 394 millions d’euros.

Lors de la publication de ses résultats fin février, Veolia, toujours confronté à des problèmes d'endettement, avait dit viser selon Reuters "un total de 6 milliards d'euros de cessions d'actifs sur 2012-2013, contre 5 milliards auparavant." Fin 2012, il avait déjà réalisé pour 3,7 milliards de cessions. Le groupe s'attend à ce que son endettement financier net s'établisse entre 8 et 9 milliards d'euros à fin 2013 contre 12 milliards prévus précédemment.

Un accord d'assistance technique de 3 ans pour assurer la transition

Dans le cadre de la cession, Veolia a signé avec Actis un accord d'assistance technique de 3 ans pour assurer la transition. Le fonds Actis centré sur les seuls marchés émergents (Afrique de l’ouest, Inde, Chine, Amérique latine…) gère 5 milliards de dollars d’actifs essentiellement dans les services collectifs.

Selon l'AFP, l'origine d'Actis remonte au Colonial Development Corporation, un fonds de développement britannique créé en 1948 pour investir dans les pays du Commonwealth. Actis détient notamment 9 000 MW de capacités installées et dispose de plus de 2 millions de clients directs en énergie électrique.

"Le fonds a accompagné près de 20 pays dans la mise à niveau, la modernisation et le développement de leurs infrastructures de bases (services d'utilité publique, énergie, etc.), par le biais de plateformes régionales," précise Veolia. Selon la presse marocaine Younès Maamar, ancien directeur de l’Office national d’électricité du Maroc aurait conseillé Actis dans cette opération.

Le deuxième désengagement de grande ampleur d’un groupe français

Par ailleurs, dans le secteur des déchets qui n’est pas concerné par l’accord avec Actis, Veolia a connu ces dernières années plusieurs litiges avec les autorités concédantes, notamment à Rabat. Les retards de paiement des municipalités étant fréquents au Maroc, Veolia se désengage progressivement de cette activité de collecte de déchets dans le pays. Le groupe via sa filiale Transdev (dont il veut se séparer) est par ailleurs opérateur de transport dans le royaume notamment avec l'exploitation du tramway de Rabat.

Après Vivendi, (l’ex-société mère de Veolia) qui s’apprête à céder ses 53% de Maroc Telecom, il s’agit là d’un deuxième désengagement de grande ampleur d’un groupe français du marché marocain.
 

Nasser Djama, avec  Pierre-Olivier Rouaud
 

 


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