Valorisation : peut-on vraiment copier le CEA à Grenoble ?

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CEA Grenoble - Carte 3D
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En France, c’est presque un Graal : dupliquer l’écosystème d’innovation grenoblois et sa capacité à diffuser les résultats de la recherche dans les entreprises. D’autres territoires, Caen, Saclay… s’y sont essayés. Sans succès.

Le nouveau gouvernement vient d’annoncer que, cette fois, ce sont Nantes, Toulouse et Bordeaux qui allaient s’y frotter. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique, viennent en effet conjointement d’annoncer, via un communiqué, souhaiter "s’inspirer de l’expérience réussie de la Direction de la Recherche Technologique du Commissariat à l’Energie Atomique à Grenoble".

Et d’annoncer que "dès janvier 2013, des équipes de chercheurs, d’ingénieurs, véritables ambassadeurs de la technologie, seront recrutées localement pour mettre leur savoir-faire au service des entreprises, afin de doter le tissu industriel d’un outil pour produire, maîtriser et transférer de la technologie innovante." Cela ressemble étrangement aux "ambassadeurs de l'innovation" que voulait lancer Laurent Wauquiez lors de son passage au ministère de la Recherche ! Mais les prédécesseurs n’ont pas forcément de mauvaises idées.

Mais le diable est dans les détails. Si le CEA réussit si bien à valoriser sa recherche, notamment via un show room high-tech dernier cri au sein du CEA-Leti à Grenoble, c’est aussi parce qu’il a une politique de brevets claire et très rigide : les Brevet CEA, reste au CEA. Il ne les vend pas. Les start-up qui se créent à partir de ses technos, n’obtiennent que des licences exclusives. Une garantie de pourvoir se défendre en cas de contrefaçon. Mais une valeur moindre pour les investisseurs.

Dupliquer le système mise en place par la direction de la recherche technologique du CEA, signifierait, pour les instituts de recherche concernés à Toulouse, Nantes ou Bordeaux, d’adopter la même règle en matière de brevet. Et surtout de trouver un mode opératoire avec les nouvelles SATT (société d’accélération de transfert de technologies) nées des investissements d’avenir. Surtout sur Nantes et Bordeaux, territoire sur lesquels doivent normalement opérer les SATT Ouest Valo et Aquitaine.

Mais on le sait, la ministre de la Recherche était peu convaincue par les SATT ; pour autant, en août dernier, lors d’une interview accordée à L’Usine Nouvelle, Geneviève Fioraso avait modéré son point de vue : "Sur le transfert de technologie, on a un groupe de travail commun entre notre ministère, le CGI (commissariat général à l’investissement) et le ministère de Fleur Pellerin. On n’a pas voulu arrêter la dynamique des SATT. Je refuse toujours de dire à des gens qui ont travaillé que ce qui a été fait avant n’était pas bien. Tout travail approfondi doit être respecté. Mais quand on présente une structure de SATT où les collectivités ou les Métropoles, qui financent, ne sont pas présentes, qui ne prend pas en compte ce qui a été fait auparavant dans les incubateurs, et des présentations, qui ne se préoccupent pas des marchés ou des usages, c’est que l’on ne vise pas la vente. Je m’interroge sur la technocratie des structures. Simplifier cela veut aussi dire éviter la technocratie."

Pas sûr que d’ajouter des ambassadeurs de technologie simplifie vraiment le paysage.

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1 réaction

DB45 | 18/10/2012 - 11H33

A propos des brevets du CEA, vous dites "Une garantie de pourvoir se défendre en cas de contrefaçon. Mais une valeur moindre pour les investisseurs" A mon avis ce n'est pas d'une valeur moindre parce qu'ils seront défendus au moins alors que souvent le petit fournisseur n'arrive pas à se défendre face à ses gros clients.

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