Valeo ouvrira une usine dédiée aux alternateurs en Turquie
Le 09 juillet 2010 par Yann Le Houelleur
Un nouveau site Valeo en Turquie devrait démarrer dans quelques mois. Un tel projet suscite l’émoi à Etaples, dans le Pas-de-Calais. C’est là-bas que se situe pour l'instant la seule usine Valeo spécialisée dans les alternateurs. Les syndicalistes évoquent la possibilité d’un transfert de la production en Turquie. Au siège de Valeo, à Paris, on annonce "un complément de capacité de production".
Dans quelques mois, Valeo devrait inaugurer en Turquie une nouvelle unité de production d’alternateurs. L’information a été confirmée à L’Usine Nouvelle par la direction de la communication de l’équipementier français, qui n’a pas mentionné la date précise de cette mise en route industrielle. L’usine en question fournira les constructeurs automobiles dans le bassin de la Mer Noire, une région où plusieurs pays amorcent une croissance vigoureuse.
Il s’agit d’ «un complément de capacité de production», observe-t-on chez Valeo. Une précision assortie d’une constatation : «Notre usine à Etaples, qui a des clients dans toute l’Europe, fonctionne à plein régime et elle parvient même à saturation». Selon la Voix du Nord, qui a recueilli sur place les principaux éléments de l’affaire, le site à Etaples produits 37.000 alternateurs par jour (en fait, une gamme de produits incluant le nouvel i-stars, destiné aux marques du groupe PSA). La future usine en Turquie aurait une production initiale journalière de 4.500 alternateurs.
LES SYNDICALISTES DEPLORENT DES «REPONSES FLOUES»
Les syndicalistes ont demandé des éclaircissements à la direction de Valeo. Un représentant de l’UNSA à Etaples, le syndicat majoritaire parmi les salariés du site, relate de telles inquiétudes: «Nous avons cherché à savoir ce que veulent faire vraiment les dirigeants de Valeo en Turquie, mais nous n’avons obtenu que des réponses floues et évasives». En fait, ajoute un autre syndicaliste de la CGT, sur la Côte d’Opale, «l’usine d’alternateurs de Valeo à l’étranger s’apparente à un vieux serpent de mer qui est réapparu dans plusieurs pays au cours des dernières années. Au départ, il avait été question d’une usine en Pologne, puis en Roumanie...»
Ce qui semble heurter le plus les syndicalistes : Valeo, selon eux, aurait pu dévier un tel surcroît de production vers un ou plusieurs de ses sites en France, tout au moins ceux de la branche Systèmes électriques, plutôt que de démarrer un nouveau site en Turquie. Au siège de Valeo, on fait savoir qu’ «acheminer des pièces faites en France dans un pays aussi lointain ne pourrait qu’engendrer des surcoûts injustifiés».
UNE PROFUSION D’INTERIMAIRES
L’UNSA reproche aussi à Valeo d’avoir recours, à Etaples, à un nombre excessif d’intérimaires. Quelque 400 personnes y sont munies d’un CDD, sur un effectif total d’un millier d’employés. Après une levée de boucliers chez les syndicats, la direction s’était résolue, au début de l’année, à procéder à une trentaine d’embauches sous forme de CDI. Depuis, plus rien.
La personne chargée de la communication au sein de Valeo contactée par l’Usine Nouvelle indique que les incertitudes pesant sur l’industrie automobile ces prochains mois ne sauraient justifier des changements sur ce point. L’entreprise est prête à faire face aux scénarios d’une baisse des commandes, en France et en Europe, de ses clients habituels, s’octroyant une marge de manœuvre en termes de ressources humaines.

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