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Valeo : l'ex PDG ne connaît pas la crise et part avec 3,2 millions d'euros

Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
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La nouvelle tombe mal, au moment où le débat sur les stocks options est relancé. L'équipementier automobile a confirmé une information du quotidien Libération, selon laquelle Thierry Morin, ex-PDG depuis le 20 mars, quitte le navire avec un parachute doré

Lundi 23 mars, Valeo annonçait le départ du PDG "pour divergences stratégiques". Selon le compte-rendu du conseil d'administration du 20 mars, « les indemnités de départ de 3,2 millions d'euros correspondent à deux ans du montant moyen du salaire de Thierry Morin sur les trois dernières années ». Cinq conditions devaient être remplies pour obtenir le versement des indemnités.

Or, « le conseil d'administration a constaté que seuls trois des cinq critères de performances étaient remplis, ce qui conduirait à abattre le montant de l'indemnité de départ d'un montant de 30% », précise le document. Reste que le conseil d'administration n'a pas suivi la consigne à la lettre, considérant que le « critère fondé sur le résultat 2008 aurait été rempli en l'absence de provisions exceptionnelles décidées par le conseil ». Thierry Morin devait recevoir la somme lundi 23 mars, selon le document.

Piqûre de rappel : l'équipementier a perçu en février 19 millions d'euros d'aides du Fonds stratégique d'investissement (FSI) et qu'il a enregistré une perte nette de 207 millions d'euros pour l'exercice 2008.  Sans oublier l'annonce de la suppression de 5 000 emplois dans le monde dont 1 600 en France.

Des réactions de toute part
L'Etat, actionnaire à 8% de l'entreprise devrait s'opposer, lors de l'assemblée des actionnaires, au versement du parachute doré, selon Luc Chatel, porte-parole du gouvernement. « Je trouve choquant que dans le contexte actuel on mette en place ce type de rémunération », s'est il indigné.

« Anormal et provocateur » sont les termes employés par le ministre du Budget, Eric Woerth pour qualifier le versement des indemnités. Selon lui, l'Etat doit « remettre de l'ordre » et clarifier le code de déontologie établi par le Medef et l'Afep car « il ne marche pas ».

Luc Chatel, est allé plus loin, invoquant la responsabilité morale de Laurence Parisot, présidente du Medef, envers l'ensemble du patronat. Cette dernière a demandé à l'ex-PDG de renoncer aux 3,2 millions d'euros et a déclaré que « le Medef ne se reconnaît pas dans le comportement d'un dirigeant qui piétine l'intérêt général de son entreprise, qui méprise ses salariés et qui foule aux pieds le code de gouvernance ».

Du côté des députés, le besoin de légiférer s'est fait entendre. Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, appelle à aller « très vite dans la fabrication d'une loi ». L'opposition se situe sur la même tendance. Pour Claude Bartolone, député socialiste, il faut légiférer sur « ce que doivent être les rémunérations des chefs d'entreprises et notamment les plus gros salaires ».

« Que ceux qui bénéficient d'aides de l'Etat et donc du contribuable s'attribuent des bonus faramineux est inadmissible », a déclaré le Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

Barbara Leblanc

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