Valeo en proie à de "sérieuses rumeurs"
Par Yann Le Houelleur - Publié le
Alors qu’il renouait avec des résultats fructueux, l’équipementier à fait l’objet, sur le site du New York Times, d’un article apparemment bien informé. Son actionnaire principal, américain, exercerait des pressions sur ses dirigeants pour en modifier la stratégie industrielle.
Que se passe-t-il chez Valeo? Tout semblait sourire, à nouveau, à cet équipementier indépendant, après des efforts de restructurations drastiques au plus fort de la crise financière planétaire. Après avoir enregistré des records de commandes en 2009, Valeo voyait son chiffre d’affaires (CA) enfler: au premier semestre de l’année en cours, celui-ci devrait atteindre 4,7 milliards d’euros, une hausse de 35 % par rapport à la même période l’an dernier. Les dirigeants de l’équipementier, un brin fanfarons, n’annonçaient-ils pas que la marge opérationnelle doublerait en 2010 par rapport en 2009, lorsqu' elle correspondait à 1,8 % du CA?
Trop beau pour durer… Une bombe a éclaté, le vendredi 4 juin, à travers un article retentissant disponible sur le site du New York Times. Bien mieux informé que ses confrères français, le NYT a révélé que la direction de Valeo avait appelé Bank America Merril Lynch à la rescousse, pour conseiller ce groupe sur sa stratégie.
Parmi les scénarios envisagés: la vente de l’équipementier, ou un rapprochement avec un concurrent, et son retrait de la cote. Le jeudi 3 juin, le titre Valeo avait flambé de 7,5 % et le lendemain il avait poursuivi de plus belle: + 4 %. Une capitalisation boursière de 1,9 milliard d’euros.
Curieusement, c’est un fonds c'investissement, lui aussi à New York qui semble mettre la pression sur Valeo. Il s'agit de Pardus, devenu en décembre 2009 le principal actionnaire de l’équipementier français, selon wikipedia. Cette encyclopédie s’attarde ainsi sur les raisons d’être du fonds d’investissement américain: «Pardus se définit comme un actionnaire industriel à long terme dont le but est d'aider les entreprises à créer de la valeur. Dans la réalité, comme beaucoup de fonds, il essaye à partir d'une prise de participation minoritaire dans le capital d'une société cotée, de modifier la stratégie de l'entreprise pour la valoriser au mieux et la revendre.»
Pardus détient près de 20 % du capital de Valeo.
Jeudi, lors de l’assemblée générale du groupe, son directeur général avait admis avoir mandaté une banque. Jacques Aschenbroich avait ainsi estimé que la forte volatilité boursière du titre «ne reflétait pas la valeur réelle de l’entreprise».
L’Usine Nouvelle a essayé de recueillir auprès de l’entreprise concernée les commentaires sur la situation actuelle. Des questions restées, pour l’instant, sans suite.

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