Vague de mouvements sociaux chez les équipementiers et les sous-traitants
Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
La manifestation des salariés de Valeo, vendredi à Paris, a été houleuse (photo). Moins chahutées mais bien présentes, les mobilisations chez Faurecia et plusieurs sous-traitants rappellent que la crise automobile est loin de se cantonner aux constructeur
A force d'entendre parler des fameux "10% de la population active" travaillant dans l'automobile, on finit par les voir. Chez les équipementiers et les sous-traitants, blocages d'usines et manifestations se multiplient pour faire barrage aux restructurations. Ces derniers jours, les salariés des équipementiers Valeo, Faurecia, et des sous-traitants SBFM et Holophane sont descendus dans la rue.Chez Valeo, 500 à 800 salariés ont manifesté à Paris contre le plan de suppression de 1.600 postes en France. Ce plan fait partie d'une vaste restructuration impliquant la destruction de 5.000 emplois dans le monde. L'équipementier, qui a publié une perte nette de 207 millions d'euros en 2008, a été sélectionné récemment pour bénéficier de l'aide du Fonds Stratégique d'Investissement (FSI), qui a pris une participation de 8,33% du capital. Ce qui n'empêchera en rien les licenciements, sur les sites d'Abbeville, de Mondeville, Laval, Etaples, ou encore Châtellerault. Les manifestants, dont certains ont essayé de forcer les portes du siège, réclament le gel des suppressions d'emploi.
Chez Faurecia, l'autre grand équipementier français, c'est un piquet de grève qui a bloqué le site d'Auchel, dans le Pas-de-Calais, durant tout le week-end. L'objet de l'ire des salariés : la fermeture du site décidée par la direction d'ici à fin 2010, où sont fabriqués planches de bord et panneaux de portes. 508 salariés travaillent dans cette usine, mais un reclassement serait proposé à 329 d'entre eux dans des sites voisins, à Marles-les-Mines et Hénin-Beaumont. Deux sites où sévissent actuellement des mesures de chômage partiel. La CGT réclame le rapatriement de productions délocalisées en Pologne pour continuer à faire vivre l'usine d'Auchel. Faurecia a déjà annoncé fin 2008 et début 2009 la suppression de plus de 500 postes dans les Vosges et dans l'Essonne, dans le cadre d'un plan plus global de 1.215 suppressions d'emplois d'ici à fin 2011. Le groupe a subi 574 millions d'euros de pertes en 2008.
A côté des équipementiers, les sous-traitants montent aussi au créneau. A Hennebont dans le Morbihan, 1.500 manifestants ont défilé pour soutenir la fonderie SBFM, basée à Lorient, où 237 emplois sur 550 sont menacés suite au placement de la société en redressement judiciaire.
Pour le fabricant de glaces en verre Holophane, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées, dont le maire de la ville des Andelys. 55 licenciements ont été décidés sur le site des Andelys. Les salariés réclament le rapatriement de la production de pièces réalisées en Tunisie pour continuer à faire tourner un four, qui devra sans cela fermer.
Raphaële Karayan
Dossier : Automobile, le crash

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