Une version marseillaise du projet de réforme portuaire05/05/2008
Alors que le tribunal de Grande Instance de Marseille a déclaré illégale la grève perlée qui ralentit fortement les activités du Port Autonome de Marseille (PAM) depuis trois semaines, son directeur Guy Janin a révélé ses propositions concernant l'application à Marseille-Fos du Plan de Relance des Ports Maritimes Français.
Guy Janin ne prévoit le basculement dans le secteur privé que de 230 à 270 agents, sur un total de 1 500, soit deux à trois fois moins que le chiffre attendu. En fait, seuls les grutiers et dépanneurs affectés aux activités marchandises et à la réparation navale lourde seraient intégrés dans des entreprises de manutention privées. Le PAM, qui deviendrait le GPMM (Grand Port Maritime de Marseille), conserverait pour ses taches régaliennes environ 830 salariés. Le solde, soit tout de même 410 à 440 agents, quitterait le port pour rejoindre une des filiales que la nouvelle loi lui permettra de créer. Ces entités détenues majoritairement par le port intègreraient dans leur capital des financements privés, et surtout fonctionneraient comme des entreprises du secteur concurrentiel, avec obligation d'équilibrer leurs comptes. Pour éviter de voir la réforme vidée de son sens par un empilement de filiales, le projet de loi encadre strictement les conditions de leur création. Elles servent en fait à pallier la déficience du secteur privé en cas d'appels d'offres infructueux et à garantir à l'Etat le contrôle de trafics et d'installations jugés d'intérêt national. Dans son projet, Guy Janin assure « respecter les textes ». Ainsi, il estime que le terminal pétrolier « présente bien un enjeu d'intérêt national car il traite 40 à 50 % des hydrocarbures consommés en France ». Pour les autres activités, les filiales prendront en charge des outillages utilisés par différents opérateurs, donc peu susceptibles d'intéresser un manutentionnaire, comme des ponts mobiles ou des grues destinées à la réparation navale de grande plaisance. Ces propositions faites fin avril à la CGT ne font pas pour l'instant baisser la pression. Le syndicat ultra majoritaire sur le port de Marseille Fos a dépose lundi 5 mai deux préavis de grève. Le premier d'envergure nationale pour le 9 mai et un second, spécifique au port phocéen, courant du 14 au 21 mai. Gérard Tur, en Provence Alpes-Côtes d'Azur |
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