A Mirandola, dans le nord-est de l’Italie, le groupe de dispositifs médicaux Sorin se remet tout juste des séismes qui ont secoué la zone. La production s’est arrêtée… pour un temps indéterminée.
Une nouvelle fois, la terre a tremblé dimanche dans la région d'Emilie Romagne, au nord-est de l'Italie. Dans cette zone industrielle stratégique pour les secteurs de l’agroalimentaire, de la mécanique de précision et de l’industrie biomédicale, le temps s’est arrêté depuis la première secousse survenue il y a plusieurs jours. Car ni les PME, ni les grands groupes n’ont été épargnés par la catastrophe.
A la tête de l’italien Sorin, spécialiste du traitement des pathologies cardiovasculaires également bien implanté en France, André-Michel Ballester sait qu’il peut être soulagé. Aucun des 800 employés de ses sites d’Emilie Romagne ne fait partie des victimes des séismes.
20% de l’activité touchée
"Perdre de la production, voire de l’argent, c’est grave, mais perdre une vie humaine est incalculable, confie le PDG de Sorin à l’Usine Nouvelle. Notre priorité est d’assurer la sécurité de nos employés." Pourtant, à Mirandola, la business unit de son activité cardiopulmonaire – où sont réalisés la fabrication, le stock de produits finis et la distribution de filtres destinés à remplacer les poumons pour la chirurgie cardiaque – a été touchée. Elle représente 20% de l’activité du groupe.
" Nous n’avons pas de dégâts spectaculaires, mais nous avons suspendu pour l’instant la production pour ne prendre aucun risque, explique le dirigeant. Nous ne redémarrerons que lorsque les conditions de sécurités seront certifiées par des experts."
C’est un véritable consortium de l'industrie biomédicale qui se trouve à Mirandola. Avec une centaine d’entreprises et un chiffre d’affaires 2009 de 950 millions d'euros, dont 40% à l’exportation, il se dit leader en Europe dans la fabrication de produits médicaux en plastique jetable (seringues, flacons, etc..), d'instruments pour la dialyse, la chirurgie cardiaque, la transfusion. Parmi elles, des filiales de multinationales (B.Braun, Covidien, Fresenius, ou Sorin) y réalisent aussi bien des produits finis que des composants. Mais ce sont surtout les PME qui ont souffert des séismes. Car dans cette zone qui n’était pas considérée comme sismique, le dernier tremblement de terre important datant de 600 ans, la plupart des PME n’étaient donc pas assurées pour ce type de risque… "Pour les entreprises qui ont tout perdu, car les bâtiments se sont effondrés sur des équipements, la remise en route va être difficile et longue, reconnaît André-Michel Ballester. Mais il y a ici un grand esprit d’entreprise : les acteurs locaux sont tous convaincus qu’ils vont se redresser et repartir."
La solidarité en marche
Sur les conséquences financières de cette catastrophe, le dirigeant de Sorin préfère relativiser. "Nous avons la chance d’être un groupe international dont la grande majorité de l’activité n’a pas été impactée : cela va pénaliser l’entreprise quelques mois, mais nous sommes pleinement assurés, il n’y a donc pas de conséquence spectaculaire à attendre", assure-t-il. Il sait aussi que son entreprise a été relativement épargnée, par rapport aux PME locales.
Et l’humain a pris le dessus. Pour témoigner leur solidarité, les employés de l’usine de Turin de Sorin ont ainsi fait partir dans un camion, vendredi dernier, des denrées de première nécessité. Tandis que d’autres salariés du monde entier, et même des clients, choisissaient de donner à un fonds de soutien créé par le groupe, qui abonde à son tour. Pas question de laisser les salariés sinistrés isolés, assure le dirigeant. "Nous allons les accompagner dans la reprise de leur vie."









