Une unité pilote de nanotubes de carbone lancée à Toulouse
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leinauguration
Il s'agit d'une première en Europe : un laboratoire toulousain, le LCCFP (Laboratoire de Catalyse, Chimie Fine et Polymères), a inauguré ce matin, 20 novembre, à Toulouse (Haute-Garonne) une unité pilote de production pré-industrielle de nanotubes de carbone.
Cette unité a été réalisée dans le cadre d'un contrat de recherche signé en 2001 avec Atofina, la branche chimie du groupe Total, avec en perspective le lancement à terme d'une production à l'échelle industrielle au sein du groupe chimique.
Le LCCFP est l'un des laboratoires de recherche de l'Ensiacet-INP (Ecole Nationale Supérieure des Ingénieurs en Arts Chimiques et Technologiques). Dirigé par Philippe Kalck, il travaille depuis 1999, en partenariat étroit avec le LGC (Laboratoire de génie chimique), une unité mixte de recherche INP-UPS-CNRS. Thème des travaux : les procédés de production de ces nanotubes de carbone, de 2 à 3 microns de longueur, pour à peine 6 à 12 nanomètres de diamètre.
« Le nouveau pilote pré-industriel va nous permettre de passer à une production de l'ordre de 1 kg par jour, contre une production expérimentale de l'ordre de 20 grammes par jour. Avec à la clef une baisse significative du coût de production? explique Philippe Kalck. « La prochaine étape sera la mise en œuvre d'un pilote industriel de plus grande dimension, sans doute sur le site de recherche d'Atofina à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, avant de passer à une échelle industrielle, dans un délai de 7 à 8 ans », précise pour sa part Daniel Bernard, directeur scientifique chez Atofina.
Le groupe chimique avance déjà la perspective de se doter d'une unité d'une capacité de production de l'ordre de 10 000 tonnes par an, sans préciser toutefois son lieu d'implantation. A cette échelle industrielle, l'objectif sera de ramener le coût du produit final autour de 50 euros le kilo, contre plus de 150 000 euros le gramme, il y a encore quelques mois, au stade de la production expérimentale.
L'enjeu économique et industriel est considérable, car ces nanotubes de carbone, par leurs propriétés à la fois mécaniques et de conductivité, offrent de nombreuses perspectives d'application, principalement dans le domaine des matériaux, pour renforcer certains polymères, mais également pour évacuer les charges électrostatiques (en rentrant dans la composition de certaines peinture par exemple). Egalement à l'étude, des applications dans le stockage des gaz et plus particulièrement de l'hydrogène, avec des retombées dans le domaine des piles à combustible.
Marina Angel

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