Une semaine d'automobile centrée sur Francfort
Par Barbara Leblanc - Publié le
A Francfort, annonces et concepts-cars font oublier la crise...
Francfort….ses saucisses, son siège de la Banque centrale européenne…et surtout son salon automobile tous les deux ans. Et les constructeurs sont tous au rendez-vous pour l’occasion. Objectif : montrer leurs dernières innovations et faire quelques annonces.
Renault par exemple réaffirme les valeurs de la marque à travers deux modèles : la Twingo resytlée et le concept-car Frendzy. Le groupe a aussi profité du salon pour annoncer un renforcement du partenariat entre l’Alliance et Daimler, un an et demi environ après la conclusion du partenariat. Son concurrent PSA Peugeot Citroën a décidé de s’allier pour sa part avec le groupe General Electric, histoire de se lancer dans l’aventure électrique. Chez Toyota, on se concentre toujours davantage sur l’hybride et on annonce que le lancement officiel de la rechargeable se fera en 2012.
L’évènement de Francfort a aussi été l’occasion de prendre conscience combien les équipementiers et sous-traitants étaient des acteurs primordiaux pour la chaîne automobile. Plastic Omnium est l’un des industriels qui va pouvoir alléger les véhicules avec sa nouvelle technologie de fibre de carbone. De son côté, Tom-Tom veut révolutionner les GPS pour les futurs véhicules électriques. Chez Valeo on pense plutôt nouvelles technologies. Le groupe propose de garer sa voiture à partir de smartphones.
Mais les marques françaises avaient du mal à rivaliser avec les allemandes qui étaient en terrain conquis. Les "Big Three" allemands (Volkswagen, Mercedes et Audi) ont mis les moyens pour avoir les plus grands stands par exemple. Volkswagen en a profité aussi pour annoncer qu’il lançait un grand programme d’investissement jusqu’en 2016. De quoi lui permettre enfin peut-être de décrocher la première place du classement mondial des constructeurs.
Mais derrière ces belles annonces, tous les constructeurs avaient évidemment en tête la conjoncture économique internationale. Impossible de ne pas y penser. Pour autant, tous se veulent rassurants. "La crise de 2008 ne se reproduira pas", pourrait être le message prenant de Francfort. Même du côté des équipementiers, on assure que l’année sera difficile mais pas insurmontable. Surtout pour Porsche qui entend monter en gamme encore. Ou encore chez BMW qui craint plutôt d’avoir du mal à recruter que du mal à résister à la crise.
Et pour l’heure, sur le marché européen, c’est comme si la crise n’était pas encore là….en tout cas pour l’été passé. Les immatriculations sont restées en croissance sur cette zone du monde.
...Sauf chez PSA
A l’occasion du salon de Francfort, l’un des grands patrons du secteur automobile s’est montré plus pessimiste que les autres. Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën. Dans un entretien le matin de l’ouverture presse, il annonce que son groupe va devoir faire des économies profondes pour rester dans la course. Au passage, de nombreux emplois sont dans le viseur, notamment chez les intérimaires.
A l’occasion d’une table-ronde avec quelques journalistes au début du salon, il revient sur ses propos et en remet une couche. Il se montre très prudent sur les prévisions pour la fin de l’année. Notamment au regard de la crise financière actuelle qui touche notamment l’Europe, l’un des marchés clés du constructeur. Philippe Varin ne cache pas que certains sous-traitants pourraient aussi être affectés par cette recherche d’économies, certaines fonctions externalisées pouvant être rapatriées au sein de PSA.
Au même moment, une réunion extraordinaire du comité d’entreprise du groupe a été convoquée pour le 22 septembre. A l’ordre du jour, le plan de gestion prévisionnelle des emplois et de la compétence (GPEC). En effet, il risque d’être prolongé selon les syndicats. Départs volontaires et mobilité interne seront donc au menu de cette réunion qui promet d’être houleuse. Sans compter que le groupe réfléchit par ailleurs à l’avenir des usines d’Aulnay-sous-Bois et de Sevelnord.
Toutes ces nouvelles interviennent au moment où le groupe a subi une pénurie de vis suite à des problèmes chez un sous-traitant. La production des sites reprend peu à peu.
La mobilité change
A l’honneur lors de ce salon de l’automobile, comme à chaque édition depuis plusieurs mois d’ailleurs, la voiture électrique a une place importante. Il faut dire que dans la vie de tous les jours et dans les annonces des constructeurs, le véhicule électrique prend de plus en plus de places. Dans les rues de Paris par exemple, les travaux ont débuté pour installer les bornes d’Autolib. Et chez Bolloré à l’origine de ce projet de voitures en libre service, on lance des vidéos pour présenter le système et concept. Ce nouveau fonctionnement de circulation rencontrera-t-il le succès escompté ? Qui sait….
En tout cas, en cette semaine de la mobilité, on réalise que plus que l’arrivée du véhicule électrique, c’est la manière de conduire en elle-même qui est en train de changer. Un sondage estime cette semaine que les trois quarts des Français estiment qu’avoir une voiture revient plus cher que d’emprunter les transports en commun. Une vague sur laquelle surfe aussi la filière bioéthanol désireuse de faire la promotion de l’e10.
Au sein des entreprises aussi, on veut faire des efforts. Par exemple, chez General Electric. Dans le cadre de son accord conclu à Francfort avec PSA, il s’est engagé à acheter quelques véhicules propres à ce dernier.
En bref
Toyota va ouvrir une usine en Indonésie
L’Etat et les collectivités territoriales investissent 7,3 millions d’euros dans cinq projets du pôle Move’o
Jaguar ouvre une usine à moteurs en Grande Bretagne
GM trouve un accord avec le syndicat de salariés
La CSIAM veut une réforme de la fiscalité automobile
Les sous-traitants veulent une loi
Dacia se vend sur Internet

dans la même rubrique
27/05/2012 Comment l'Ukraine sortira-t-elle de l'Euro ?27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy
27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts












