Une première dans la vie d’Areva

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Les actionnaires particuliers ont assisté à leur première assemblée générale le 10 mai. Certains ont fait entendre leurs inquiétudes sur  "leur" entreprise.

Pour la première fois, Areva, créé en 2001, réunissait une assemblée générale mixte des actionnaires. En mai 2011, les certificats d’investissements d’Areva ont été transformés en actions simples. Ces dernières sont cotées depuis le 30 mai 2011. Ce 10 mai 2012, le groupe réunissait donc l’ensemble de ses actionnaires, dont les 4 % d’actionnaires particuliers. Le reste de la société est détenue à 86,3% directement ou indirectement par l’Etat, à 5% par le fond d’investissement du Koweït et quelques autres minoritaires.

Face à l’assemblée, une bonne partie du directoire et du conseil de surveillance était présente. Jean-Cyril Spinetta, président du conseil de surveillance, et Luc Oursel, le président du directoire, ont mené ce grand exercice pédagogique. Le modèle économique, les perspectives de marché post-Fukushima, les comptes de l’entreprise ont été expliqués à travers une centaine de diapositives.

Plusieurs vidéos ont également parsemé la présentation dont quatre étaient lus spcifiquement consacrées aux nouveaux membres du directoire : Luc Oursel, Philippe Knoche (président général délégué), Pierre Aubouin (directeur général adjoint en charge des finances) et Olivier Wantz (directeur général adjoint  en charge des Mines).

La parole aux actionnaires

La parole a alors été donnée aux actionnaires, et en particulier aux particuliers. Beaucoup se sont enquis des données concurrentielles et techniques du groupe… parfois à des niveaux de détails très poussés. D’autres ont aussi fait montre d’inquiétude. En particulier la crainte d'un démantèlement du groupe, souvent évoqué par le passé. Luc Oursel a tenu à rappeler que le modèle intégré de la mine au retraitement du combustible en passant par la construction et la maintenance des centrales était le bon. Fait nouveau, il a aussi rappelé que ce modèle intégré comprend aussi désormais les énergies renouvelables qui "contribuent à relever le même défi que le nucléaire". A savoir produire de l’électricité décarbonnée.

La CGT s’est également invitée aux débats. Un représentant des salariés a interpellé le directoire et le futur gouvernement sur l’action de l’Etat actionnaire. Pour le syndicaliste, l’exigence d’une rentabilité à deux chiffres alors que le groupe a affiché une perte de 2,4 milliards d’euros en 2011 n’a pas de sens.

La séance des questions s’est terminée par l’intervention d’un actionnaire particulier qui a vivement appelé les membres du directoire à baisser leur salaire et à faire des efforts alors que le groupe a affiché de mauvais résultats en 2011 et a vu son cours de bourse orienté à la baisse depuis Fukushima. C’est Jean-Cyril Spinetta qui est alors monté au front en rappelant que, suivant le plan d’action stratégique 2016, l’horizon d’Areva était favorable au groupe pour délivrer de larges marges bénéficiaires et créer de la valeur.

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