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Une grève met à l’arrêt Colgate Palmolive à Compiègne

Par Claire Garnier (Picardie) - Publié le

Social. L’usine Colgate Palmolive de Compiègne (Oise) qui emploie 530 salariés est en grève depuis mercredi 11 janvier à l’appel de l’intersyndicale CFDT-CGT. Ce site qui fabrique 280 000 tonnes par an de détergents (marque Ajax notamment) et de produits d’hygiène corporelle (marque Tahiti notamment) est actuellement à l’arrêt. L’intersyndicale CFDT-CGT, à l’origine du mouvement de grève, s’oppose aux propositions faites par la direction lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires. « La direction propose une augmentation de 1 % en janvier suivie de + 0,6 % en juillet et de + 0,8 % en septembre. Nous demandons une augmentation de 5 % car nous considérons que l’inflation est aujourd’hui supérieure à 4 % » explique Christian Duputel secrétaire (CFDT) du CE. 87 % des 330 salariés qui se sont exprimés ce lundi, se sont déclarés favorables à la poursuite du mouvement, selon le délégué CFDT.

L’intersyndicale réclame aussi le remplacement de chaque départ selon la règle du « 1 pour 1 » : « une embauche pour un départ ». Et s’oppose au « plafond salarial » de 2 750 euros au dessus duquel ne sont pas appliquées les « augmentations générales » de salaire. L’intersyndicale estime encore que la direction n’a pas respecté son accord de 2011. « Ils ont gelé les augmentations au mérite en disant qu’ils allaient mettre en place un nouveau système de rémunération» indique Christian Duputel. « Or, si le mérite a été gelé, il n’a été remplacé par rien » résume le syndicaliste, en précisant qu’il n’est pas favorable au nouveau système « fondé sur le comportement », selon lui.

L’usine Colgate de Compiègne qui s’est séparée à l’automne de ses intérimaires connaît une baisse d’activité. Selon Christian Duputel, celle-ci serait largement due à l’augmentation des cadences permise dans de nouveaux outils industriels qui viennent d’être mis en place. « Les actionnaires de notre groupe sont un peu trop goulus » commente-t-il. « La délocalisation pour raisons fiscales fait de nous un centre de coût uniquement or nous savons que notre usine est très rentable et fait gagner beaucoup d’argent au groupe. 1 000 dollars investis en 1972 dans cette usine font aujourd’hui 50 000 dollars ».
Une délégation de l’intersyndicale de Colgate Palmolive a rencontré lundi des représentants des services de l’Etat : sous-préfet, direction du travail, ministère du travail.

 

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